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Portrait
Musique

Emel Mathlouthi

J’assume totalement le fait d’avoir une conscience, je n’ai pas envie de m’excuser d’avoir des idées et des questionnements, et de les dire tout haut. Mais en même temps, j’ai envie d’être considérée en tant qu’artiste, musicienne, compositrice, productrice de son.

Militante mais chanteuse avant tout, Emel Mathlouthi s'engage pour les libertés individuelles, les droits de l'Homme et les droits des femmes à travers ses morceaux teintés de rock.

Publié le 15/05/2019

2 min

Née en 1982 à Tunis, Emel Mathlouthi commence à chanter, alors qu’elle est adolescente, sur les disques de Céline Dion, Alanis Morissette ou encore Tori Amos.

Pendant ses études d'ingénieur, elle fait partie d'un groupe de métal et se consacre de plus en plus à la musique. C'est en découvrant Joan Baez qu'elle commence à apprendre la guitare, pour transmettre son énergie à un public lors de concerts en solo.

En 2011, elle chante « Kelmti Horra » (Ma parole est libre) au milieu des manifestants de Tunis. Elle devient alors le visage de la révolution tunisienne.

Militante, Emel Mathlouthi a vu sa musique interdite sur les ondes tunisiennes en 2010. Elle quitte alors la Tunisie pour la France, où elle sort, en 2014, un premier album qui laisse à entendre l'influence de Björk et mêle des notes électro au passé plus rock de la chanteuse : Kelmti Horra.

Son deuxième album, Ensen (2016), est celui d'une « femme qui refuse les compromis », dira le webzine du festival Patchwork. Le titre « Ensen Dhaif (Human, Helpless Human) » évoque l'oppression imposée par des facteurs extérieurs ou que l'on s'impose à soi-même.

En 2018, Emel Mathlouthi retravaille les morceaux de ce deuxième album, en collaboration avec neuf autres artistes, dont le guitariste Karim Attoumane ou le duo Pandhora : ce sera Ensenity.

Emel Mathlouthi, qui chante uniquement en arabe, participe dans le monde entier à des événements militants. En 2013, elle est invitée par la compositrice iranienne Sara Najafi à participer à l'opéra de Téhéran au concert No Land's Song : pour la première fois depuis la Révolution iranienne de 1979, des femmes se produisent sur scène pour dénoncer l'absurdité d'une loi qui leur interdit de chanter si elles ne sont pas accompagnées d'un homme.

En décembre 2015, la chanteuse tunisienne chante lors du concert du Prix Nobel de la Paix.

En mars 2017, dans la continuité de la Marche des femmes, elle se produit au Metropolitan Museum à New York – où elle habite désormais – avec d'autres artistes étrangères pour protester contre la politique de Donald Trump.

EMEL - Insanity
EMEL - Insanity
  • 1982

    1982

    Emel Mathlouthi naît à Tunis.

  • 2006

    2006

    Emel Mathlouthi est finaliste de la première édition du prix RMC-Moyen-Orient, initiative qui vise à relier les deux rives de la Méditerranée à travers la musique.

  • 2011

    2011

    La chanteuse devient le visage de la révolution tunisienne en interprétant « Kelmti Horra » au milieu des manifestants.

  • 2013

    2013

    Emel Mathlouthi participe au concert et au film No Land's Song.

  • 2015

    2015

    Emel Mathlouthi est invitée à chanter au concert du Prix Nobel de la Paix décerné au Dialogue national tunisien.

  • 2018

    2018

    Emel Mathlouthi passe pour la première fois derrière la caméra pour le clip d’« Insanity », dans lequel elle joue également.

L'Institut français et l'artiste

En 2018, Emel Mathlouthi part en tournée européenne avec le soutien de l'Institut français, dans le cadre du programme Afrique et Caraïbes en créations.

En savoir sur le programme Afrique et Caraïbes en créations.

L'institut français, LAB