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Fatou Cissé
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Fatou Cissé © Antoine Tempé
Portrait
Danse

Fatou Cissé, une chorégraphe régulièrement accompagnée par l’Institut français

Le corps est un objet d’art qui décrit la société et exprime ce qu’elle a de positif ou de négatif.

Chorégraphe et danseuse-interprète, Fatou Cissé déploie depuis près de deux décennies une grammaire corporelle qui interroge la place de la femme dans la société et ses différentes apories. Elle a cette année présenté La ville en mouv'ment dans le cadre du festival Dak’art, avec le soutien de l’Institut français. 

Publié le 06/07/2022

5 min

Fatou Cissé est née à Dakar où elle s'initie à la danse dès 1989, à la Manhattan Dance School. Une école dirigée par son père, Ousmane Noël Cissé, ancien directeur du Ballet National du Sénégal. En 1996, elle intègre le ballet guinéen de danse traditionnelle Bougarabou. Elle participera ensuite à la création de la compagnie ARTE et du premier spectacle de la compagnie, Le Cimetière des masques (2001). Après avoir rencontré le chorégraphe congolais Andréya Ouamba, elle intègre durablement sa compagnie en tant qu’interprète. En 2012, elle se lance dans la création de Regarde-moi encore, un solo qui questionne la place de la femme, en particulier dans la société sénégalaise. Elle est lauréate du programme visas pour la création de l’Institut français pour ce solo. Ce spectacle, qui bénéficie d’une tournée en Afrique et en Europe, achève de la faire connaître comme l’une des chorégraphes les plus en vogue dans son domaine. En 2014, elle crée Le Bal du Cercle pour le festival d’Avignon, également avec le soutien de l’Institut français. 

Depuis plusieurs années, Fatou Cissé développe une pratique de la danse qui questionne la condition des femmes, dans une Afrique écartelée entre conformisme et désir de modernité. Écartelée, de son propre aveu, entre sa foi musulmane et son rôle d’artiste, Fatou Cissé explore les frontières poreuses du corps et les assignations auxquelles sont soumises les femmes, sans chercher à délivrer un message trop explicite. Dans Regarde-moi encore (2012), elle incarne ainsi une femme qui reste longuement immobile avant d’oser bouger et s’approprier son corps. Pour autant, Fatou Cissé se défend de vouloir utiliser la danse comme le simple vecteur d’un message à portée politique. Pour elle, le langage du corps se suffit à lui-même et permet justement, sans paroles, de « développer ce que l’on a envie de dire ou ce qui ne peut pas se dire ». 

Fatou Cissé a récemment présenté le spectacle La ville en mouv'ment au festival Dak'art 2022. Un véritable retour aux sources pour la danseuse qui, si elle n’a jamais quitté la ville où elle est née et où elle habite, s’est longuement formée à l’étranger, avant de présenter ses créations à l’international. Depuis son spectacle Le Bal du Cercle (2015), Fatou Cissé accorde en effet une importance primordiale à la tradition des bals de rue, et en particulier au tanebeer (« bal de nuit » en wolof). Au cours de ces événements, caractéristiques des zones périphériques de Dakar, les femmes peuvent se libérer provisoirement de la place qui leur est assignée. Une véritable inversion carnavalesque qui leur permet de donner cours à leur imagination en se livrant, sans limites, aux joies du déguisement. 

  • 1994

    1994

    Elle étudie à l'école de Marianne Niox, figure incontournable de la danse au Sénégal.

  • 2000

    2000

    Rencontre avec le chorégraphe Andréya Ouamba, dont elle intègre la compagnie.

  • 2006

    2006

    Elle remporte le premier prix des Rencontres chorégraphiques de l'Afrique et de l'Océan Indien pour son duo L'improvisé.

  • 2012

    2012

    Son deuxième solo, Regarde-moi encore, fait sensation.

  • 2015

    2015

    Le Bal du Cercle, présenté au Festival d’Avignon.

  • 2022

    2022

    La ville en mouv'ment, dans le cadre du festival Dak’art.

L'Institut français et l'artiste

Fatou Cissé a présenté le spectacle La ville en mouv'ment dans le cadre du festival Dak’art, avec le soutien de l’Institut français. 

Elle a également bénéficié d'un soutien de l'Institut français pour deux autres créations : Regarde-moi encore et Le Bal du Cercle

L'institut français, LAB