de portraits
Portrait
Photographie

Fatoumata Diabaté

Les idées me viennent parfois la nuit… Avant de m’endormir, il m’arrive de rêver les yeux ouverts.

Née au Mali en 1980, Fatoumata Diabaté est l’une des rares femmes photographes à vivre de son art en Afrique. Artiste engagée, elle développe un style au carrefour du photojournalisme et de la fiction.

Publié le 03/09/2020

5 min

Formée en 2002 à la photographie argentique au Centre de Formation Audiovisuel Promo-Femmes de Bamako, Fatoumata Diabaté remporte en 2005 le Prix Visa pour la Création dès sa première exposition aux Rencontres africaines de la photographie à Bamako. Quelques années plus tard, en 2011, elle participe à une résidence au musée du quai Branly - Jacques Chirac. Passionnée par l’apparente spontanéité de l’acte photographique, elle crée en 2013, « Le Studio photo de la rue », un studio photo ambulant imaginé comme un hommage aux pères de la photographie africaine, Malick Sidibé et Seydou Keïta. Sur place, Fatoumata Diabaté tire le portrait en noir et blanc de passants qu’elle prend la peine d’accessoiriser : bouquets de fleurs en plastique, bracelets et chapeaux. L'artiste s’inscrit ainsi directement dans la lignée des photographes africains des années 1950-1960.

Dans ses œuvres, et notamment à travers ses portraits, Fatoumata ne cesse de questionner l’identité. Pour elle, la photographie est un dialogue entre le photographe et son sujet ; elle se définit ainsi elle-même comme une « photographe sociale ».

Quant à ses images, elles sont l’occasion de parler d’humanité, de faire revivre des contes et légendes de son pays, de proposer des leçons de morale ou encore de recréer des liens entre l’homme et son environnement. Ses séries « L’homme en animal » (2011) et « L’homme en objet » (2013) mettent ainsi en scène des femmes ou des jeunes personnes pour la plupart masquées. En 2019, aux 25e Rencontres de Bamako, l’artiste réalise l’exposition « À contre-courant » dédiée aux femmes victimes de féminicides. Un travail conçu par l’Association des femmes photographes du Mali dont elle est présidente.

 

Très estimée au Mali, Fatoumata Diabaté a participé à trois reprises aux Rencontres africaines de la photographie. Elle effectue également de nombreuses expositions personnelles ou collectives en France et à l’international, notamment à la Fondation Blachère (2012), au Muséum d’histoire naturelle du Havre (2017), aux Voies off à Arles (2018) en France ou encore au Shutter Art Space de Guangzhou en Chine (2019). Photo reporter reconnue mondialement, elle a réalisé des reportages sur les essais cliniques du vaccin contre le virus Ébola pour la Bill & Melinda Gates Foundation (2014) ou encore sur la crise alimentaire au Niger pour le mouvement citoyen mondial Oxfam (2012).

  • 2002

    2002

    Fatoumata Diabaté est l’une des premières femmes à intégrer le Centre de Formation en Photographie de Bamako.

  • 2005

    2005

    Elle participe aux Rencontres de Bamako et remporte le Prix Afrique en création de l’Association Française d’Action Artistique (AFAA).

  • 2006

    2006

    Lauréate de la bourse de soutien à la créativité Africalia, elle participe à la première édition du festival RePhArt au Bénin.

  • 2013

    2013

    Fatoumata Diabaté imagine « Le Studio photo de la rue », un studio de photo ambulant qui rend hommage à la photographie africaine des années 1950-1960.

  • 2017

    2017

    Elle devient présidente de l’Association des Femmes Photographes du Mali.

L'Institut français et l'artiste

Lauréate en 2005 du programme Visas pour la création qui accompagne l’émergence artistique en Afrique et dans les Caraïbes grâce à des résidences en France métropolitaine et dans les régions d’outre-mer. 

En savoir + sur le programme Visas pour la création

Fatoumata Diabaté bénéficie en 2020 du programme IF Incontournable visant à accompagner la présence d’artistes dans les lieux et les rendez-vous majeurs et prescripteurs de la création contemporaine dans le monde

En savoir + sur le programme IF Incontournable 

 

L'institut français, LAB