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Portrait
Cinéma

Flora Gomes

Le cinéma peut permettre à l’Afrique de raconter l’Histoire de sa civilisation.

Pionnier du cinéma bissao-guinéen, Flora Gomes est l’un des premiers réalisateurs à avoir tourné dans son pays après sa déclaration d’indépendance. Son oeuvre, entre documentaires et films fictionnels, l’a hissé au rang des cinéastes incontournables de l’Afrique lusophone.

Publié le 23/02/2021

2 min

Flora Gomes est né en 1949 au sein d’une famille pauvre et illettrée, dans la Guinée-Bissau d’alors, dirigée sous la férule autoritaire du dictateur portugais Salazar. Après s’être politiquement engagé auprès du mouvement de libération national mené par le révolutionnaire Amilcar Cabral, il quitte son pays d’origine pour apprendre le cinéma à l’Institut cubain des arts et de l'industrie cinématographiques.

Revenu en Guinée-Bissau, peu après d’indépendance du pays déclarée en 1973, il devient photographe et vidéaste du ministère de l’Information. Il réalise trois reportages documentaires, puis assiste Chris Marker lors du tournage de Sans Soleil (1983) avant de réaliser en 1988 son premier long-métrage, Mortu Nega, second long-métrage de l’Histoire de la Guinée-Bissau. Malgré l’instabilité du pays, les difficultés de financement et l’absence quasi totale de salles de projection, Flora Gomes a continué à vivre sur place. Il y a tourné deux autres longs-métrages, Udju Azul di Yonta (1992) ainsi que le célèbre Nha Fala (2002), participant ainsi à la révélation d’un cinéma national.

Si Flora Gomes a abandonné la voie traditionnelle de l’activisme qu’il avait empruntée durant sa jeunesse, il n’en demeure pas moins que la question politique reste un leitmotiv de son oeuvre — notamment concernant la guerre d’indépendance qui a déchiré la Guinée-Bissau — que ce soit dans ses courts documentaires de jeunesse, ou ses œuvres de maturité. En témoigne Mortu Nega (1988), récit sensible d’une femme partie rejoindre son conjoint au maquis, alors que ce dernier lutte contre l’occupation portugaise, ou encore Dua Faces da Guerra (2008), un long-métrage documentaire, coréalisé avec la journaliste portugaise Diana Adringa. Cette œuvre à quatre mains illustre deux perceptions de la guerre ; guerre d’indépendance pour les uns, « guerre d’Afrique » pour les autres. Enfin, pour son dernier long-métrage en date, La République des Enfants (2012), Flora Gomes abandonne le récit historique pour la fable politique : une autre manière d’aborder, encore, les déchirantes problématiques du vivre-ensemble.

Auteur d’une œuvre documentaire d’abord confidentielle, essentiellement axée sur les remous politiques ayant agité la Guinée-Bissau durant la seconde moitié du XXe siècle, Flora Gomes a été reconnu internationalement en 1988 grâce à la sortie de Mortu Nega, son premier long-métrage projeté à la Mostra de Venise en 1988. Avec cette fresque sur la lutte pour l’indépendance, la critique occidentale découvrait l’histoire sanguinolente d’un pays méconnu, et un cinéaste de talent. Consécration, son troisième long-métrage, Po di Sangui est présenté en selection officielle de l’édition 1996 du Festival de Cannes.

  • 1988

    1988

    Sortie du film très remarqué Mortu Nega.

  • 1996

    1996

    Présentation de Po Di Sangui à la sélection officielle du Festival de Cannes.

  • 2000

    2000

    Flora Gomes est fait chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en France.

  • 2012

    2012

    Diffusion du film fiction La République des Enfants.

L'Institut français et le réalisateur

Plusieurs films de Flora Gomes, comme Mortu nega, Nha fala et La république des enfants, sont diffusés à l'international par l'Institut français. L'Institut français propose, avec la Cinémathèque Afrique, un catalogue de plus de 1 600 films africains de 1960 à nos jours. 

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