de portraits
Portrait
Danse

Gisèle Vienne

Je m’intéresse beaucoup au rapport de l'art au religieux, particulièrement dans une société où l'Église et l'État ont été séparés. Quelle est la place de l'art affranchi du religieux – dont l'histoire est finalement très récente ?

Le travail de Gisèle Vienne met en lumière la part d'ombre, la face cachée enfouie en chacun de nous. Toujours déchirées par une dualité, entre perfection et horreur, ses créations sondent la violence, rendant au spectacle vivant toute sa dimension cathartique.

Publié le 17/04/2019

2 min

Née à Charleville-Mézières en 1976, Gisèle Vienne a poursuivi des études de philosophie et de musique avant d'intégrer l'École nationale supérieure des arts de la marionnette dans sa ville. Elle y a fait la rencontre du chorégraphe Étienne Bideau-Rey avec qui elle a créé ses premiers spectacles (Splendid's, 2000 ; Showroomdummies, 2001).

Depuis 2004, l'artiste travaille sur des projets personnels autour de la violence et de ses rapports à la jouissance et au sacré : The Pyre, spectacle sur « l'horreur sacrée » véhiculée par le corps de la danseuse, à la foi fantasmé et vide ; Kindertotenlieder, qui questionne la représentation de l'effroi et de la mort.

En parallèle de son activité de metteur en scène, Gisèle Vienne développe également un travail photographique et plastique.

Depuis ses débuts, Gisèle Vienne n'a jamais cessé d'analyser la nature humaine dans ce qu'elle peut avoir de plus sombre et de plus dérangeant. Les figures qui peuplent son univers suscitent un sentiment ambigu entre fascination et rejet. Ainsi Crowd (2017), une rave pour 15 danseurs, reprend dans sa structure des éléments de rituels, et sonde les mécanismes de la violence de groupe entre jubilation et exutoire.

Jerk (2008) aborde le thème de la violence à travers le récit des crimes d'un serial killer. Mêlant sans complexe sexe et violence, cette création renoue avec le répertoire gore de la marionnette à gaine – qui recouvre la main de l’interprète – : l'artiste y puise son inspiration.

Dès ses premiers spectacles, Gisèle Vienne obtient une visibilité internationale. Showroomdummies (2001, 2009 et 2013), qui explore les limites entre l'animé et l'inanimé en confrontant des danseurs à des mannequins inertes, a été joué en Europe (Espagne, Portugal, Autriche, notamment) et au Japon.

L’installation Last Spring : A Prequel (2011) a été présentée à la Biennale du Whitney Museum of American Art, à New York, ainsi qu'au Centre Pompidou à Paris dans le cadre de son exposition solo « Teenage Hallucination » , en 2012.

Le plus grand succès de Gisèle Vienne reste The Ventriloquists Convention (2015). S'inspirant d'une réunion de ventriloques ayant lieu chaque année dans le Kentucky, aux États-Unis, le spectacle aborde les motivations qui poussent les ventriloques à pratiquer leur art et la façon dont celui-ci est perçu. La pièce a été présentéé aux États-Unis et au Japon ainsi qu’aux Pays-Bas, en Suisse, au Canada, en Roumanie, au Portugal et en Estonie.

  • 2000

    2000

    Gisèle Vienne crée son premier spectacle, Splendid's, avec le chorégraphe Étienne Bideau-Rey. Ils collaboreront sur toutes ses pièces jusqu'à la création de Showroomdummies #3.

  • 2004

    2004

    Gisèle Vienne démarre une carrière personnelle. Elle s'entoure alors de collaborateurs qui participeront à la majorité de ses projets : les écrivains Dennis Cooper et Catherine Robbe-Grillet, le duo de musique KTL et le comédien Jonathan Capdevielle.

  • 2007

    2007

    Gisèle Vienne présente sa première exposition solo Grenoble-Saalfelden à la Galerie du Quartz, Scène nationale de Brest, en France. Le début d'une carrière en tant qu'artiste photographe et plasticienne.

  • 2012

    2012

    Gisèle Vienne et Denis Cooper sont les commissaires de l'exposition « Read Into My Black Holes » au Centre Pompidou.

  • 2015

    2015

    The Ventriloquists Convention rencontre un fort succès. Il est présenté dans de nombreux pays étrangers, notamment aux États-Unis et au Japon.

L'Institut français et l'artiste

La création et la diffusion de The Ventriloquists Convention a été soutenue par l’Institut français.

Le programme Théâtre Export aide les metteurs en scène français à réaliser une création théâtrale à l’étranger.

 

En savoir + sur le programme Théâtre Export.

L'institut français, LAB