de portraits
Portrait
Numérique

Grégory Chatonsky

La machine est capable de faire des images réalistes qui ne sont pas fondées sur la lumière, comme la photographie, mais sur nos mémoires.

Artiste-chercheur, Gregory Chatonsky questionne l’identité et les nouvelles narrations émergeant d’Internet. Artiste, théoricien et professeur, il présente le dispositif Internes à CHRONIQUES, la Biennale des Imaginaires Numériques.

Publié le 19/11/2020

2 min

A quatorze ans, Grégory Chatonsky découvre le rôle de la technologie dans la modernité lors de l’exposition Les Immatériaux au Centre Pompidou, en 1985. Diplômé de philosophie, d’arts plastiques ainsi que d’un master en multimédia à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, il articule ses recherches et son travail autour d’Internet, non comme technologie instrumentale mais comme médium à part entière. En 1994, il fonde Incident.net, l’un des premiers collectifs de Net.art en France et en devient l’un des pionniers. En 1999, le CD-Rom Mémoires de la déportation, réalisé pour le site de la Villa Médicis, est récompensé par le prix Möbius. Théoricien, Grégory Chatonsky occupe notamment depuis 2015 une chaire internationale de recherche à l’Université de Paris VIII, et est depuis 2017 artiste-chercheur à l’École Normale Supérieure.

De ses débuts où il réalise la série Dislocation (2001) et explore le chaos de la destruction, à son intérêt pour l’imagination artificielle, l’artiste utilise le Web comme source de réflexion. Les thématiques qu’il aborde concernent la disparition de notre civilisation, l’obsolescence et l’hyperproduction de données. Dans ce contexte, le réseau apparaît « comme une tentative pour créer un monument par anticipation qui continuerait après notre disparition ». En interrogeant l’hypermnésie de notre époque, il réalise l’installation Our Memory (2015) qui se compose d’images tirées d’Internet, d’un disque dur endommagé, et d’une vidéo constituée d’extraits de jeux vidéo apocalyptiques. Depuis 2015, l’artiste explore l’imagination artificielle : la capacité de la machine à produire des images, sons, textes à partir de données accumulées sur le Web. Terre Seconde (2019) est une installation évolutive dont le contenu a été généré par une machine.

Grégory Chatonsky a été artiste-professeur invité à l’école offshore de Shangai en Chine, ou encore à l’UQAM de Montréal au Canada. Il a effectué une vingtaine de résidences dans le monde entier, notamment au C3 à Budapest en Hongrie en 1999, où il collabore avec Reynald Drouhin, ou encore à la Villa Kujoyama de Kyoto au Japon en 2013 où il travaille avec Goliath Dyèvre, avec lequel il effectue par la suite une résidence à Taluhwen chez les Wayana en Guyane en 2017. Il a participé à de nombreuses expositions individuelles et collectives en France, au Canada et partout dans le monde.

  • 1971

    1971

    Grégory Chatonsky naît à Paris.

  • 1994

    1994

    Il fonde le collectif d’artistes Incident.net qui travaille sur les notions de flux, d’accident, de bug et de réseau.

  • 1999

    1999

    Il reçoit le prix Moebius pour le CD-Rom « Mémoires de la déportation ».

  • 2002

    2002

    L’artiste entre en résidence à l’Abbaye de Fontevraud puis à la Villa Médicis hors les murs.

  • 2014

    2014

    Il est lauréat de la Villa Kujoyama, à Kyoto.

  • 2019

    2019

    Grégory Chatonsky devient responsable artistique d’une formation en recherche-création au sein d’Artec et est également directeur artistique du Centre de Recherche Imago.

L'Institut français et l'artiste

Avec le dispositif Internes, Grégory Chatonsky est programmé dans le cadre de Chroniques, la Biennale des Imaginaires Numériques (12 novembre 2020 – 17 janvier 2021), dont l'Institut français est partenaire avec son Focus Arts et créations numériques. 

En savoir + sur le Focus Arts et créations numériques.

 

L'institut français, LAB