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Kader Attia
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Kader Attia © Franz Johann Morgenbesser
Portrait
Arts visuels

Kader Attia est le commissaire de la Biennale de Berlin, où l’Institut français soutient la présence d’artistes de la scène française

La réparation ne consiste pas seulement à recoller ensemble des parties. C'est un processus qui lie ensemble deux situations, et qui transforme une situation en une autre.

L’artiste franco-algérien Kader Attia, dont l’œuvre explore depuis deux décennies les questions mémorielles et coloniales, vient d’être nommé commissaire de la Biennale d’art contemporain de Berlin (11 juin – 18 septembre 2022). Une vingtaine d’artistes de la scène française sont représentés, avec le soutien du programme « Relance export » de l’Institut français. 

Kader Attia a lui même bénéficié d'un soutien de l'Institut français, et d'établissements du réseau culturel français à l'étranger, dans le cadre de plusieurs expositions : Repairing the Invisible au S.M.A.K (Musée municipal d'art actuel de Gand) en 2017, Le Musée de la Guérison en Grèce en 2021 ou encore Fragments of Repair à Uterech, aux Pays-Bas, également l'an dernier. 

Mis à jour le 21/06/2022

5 min

Kader Attia est né en 1970 et a grandi entre Sarcelles et Bab-el-Oued en Algérie. Il passe plusieurs années au Congo dans le cadre de son service militaire. C’est dans ce cadre qu’un ami lui offre le pagne d’une ancienne princesse kuba, rapiécé à l’aide de pièces de tissu français. C’est le début d’un long travail sur la notion de réparation, centrale dans l'œuvre de Kader Attia, qui s’articule étroitement chez lui avec une réflexion sur le colonialisme et les régimes de visibilité. A son retour en France, il entame des études à l'École supérieure des arts appliqués Duperré, au Arts décoratifs de Paris, ainsi qu'à l'Escola Massana, Centre d'art i Disseny de Barcelone. C’est le point de départ d’une riche carrière consacrée à investiguer les rapports complexes entre la France et sa population d’origine immigrée, qui culmine avec l’exposition controversée Hallal, à la galerie Kamel Mennour, en 2004. Désormais exposé et reconnu à l’international, il a reçu le prix Marcel Duchamp en 2016. 

Kader Attia mène depuis plus de vingt ans une recherche interculturelle et interdisciplinaire. Artiste attaché à plusieurs médias, il a débuté sa carrière avec la photographie, avant de privilégier les installations. Parfois monumentales, elles témoignent souvent d’un engagement politique qui ne s’est jamais démenti. Le concept de réparation, qu’elle soit matérielle, psychique ou symbolique, fournit le fil conducteur de son travail depuis près de deux décennies. Il considère ainsi que les institutions sociales, étatiques ou culturelles peuvent toutes être considérées comme étant partie prenante d’un cycle de destructions et de réparations, qui passe aussi par la récupération et la réappropriation. Une dimension sensible dans sa pièce récente Les Entrelacs de l’Objet (2020) qui superpose des reproductions d’objets d’art africains et une vidéo du philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne. 

En 2016, Kader Attia fonde La Colonie à Paris, près de la Gare du Nord : à la fois bar et lieu festif, c’est surtout un espace autogéré qui se donne pour ambition de rendre possible débats et discussions. Principalement axé autour des notions de décolonisation, il accueille de nombreuses figures centrales de la pensée postcoloniale, et aspire à décloisonner les connaissances par le biais d’une approche transculturelle, transdisciplinaire et transgénérationnelle. Fragilisé par la crise du Covid 19, La Colonie ferme ses portes en 2020. Récemment, l’artiste franco-algérien, qui habite depuis près de vingt ans à Berlin, où il dispose aussi d’un atelier, a été nommé commissaire de la Biennale de Berlin, un poste traditionnellement réservé à un praticien. 

  • 1970

    1970

    Naissance à Dugny, en Seine-Saint-Denis.

  • 1990

    1990

    Il passe deux ans au Congo dans le cadre de son service militaire.

  • 2004

    2004

    Son exposition Hallal, à la galerie Kamel Mennour, crée la controverse.

  • 2016

    2016

    Il fonde La Colonie, lieu de débat à la croisée des cultures. La même année, il reçoit le prix Marcel Duchamp.

  • 2022

    2022

    Il est nommé curateur de la Biennale de Berlin.

L'Institut français et la Biennale de Berlin

Dans le cadre de son programme Relance Export, l'Institut français soutient la participation d'artistes de la scène française lors de la Biennale de Berlin. 

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L'institut français, LAB