de portraits
Portrait
Numérique

Karim Ben Khelifa

Il y a deux types de journalistes : ceux qui veulent informer, et ceux qui veulent informer et avoir un impact. Je fais définitivement partie de la deuxième catégorie.

Après avoir évolué pendant près de quinze ans sur tous les théâtres de conflits mondiaux, le reporter et photographe Karim Ben Khelifa a décidé de s’approprier du médium de la VR pour raconter une autre histoire de la guerre.

Mis à jour le 30/11/2021

2 min

Le photographe Karim Ben Khelifa commence sa carrière de reporter pendant la guerre du Kosovo, en 1997. Il a depuis parcouru le monde et couvert de nombreux conflits, du Congo au Liban, en passant par Israël, la Palestine, ou encore le Honduras. Il a vécu en France, aux États-Unis et au Yémen. Son travail a été récompensé par le festival Sundance, et il a fait partie de l’Observatoire du photojournalisme, sur initiative du Ministère de la culture.

Régulièrement invité en tant qu’enseignant des universités, comme Harvard ou le Massachusetts Institute of Technology (MIT), la naissance d’un enfant le pousse à renoncer à couvrir directement les conflits et à s’investir dans d’autres langages formels. Il commence alors à s’intéresser à d’autres formes de restitutions de son travail, ce qui le mène à se tourner vers les expositions et le recours à de nouveaux médias comme la réalité virtuelle et augmentée.

Si les photographies de Karim Ben Khelifa ont longtemps été publiées dans les journaux les plus prestigieux, il en arrive cependant à se questionner sur la fonction de ses images. D’après lui, si elles témoignent des conflits, elles ne parviennent pas à en empêcher la démultiplication et la violence grandissante. La question centrale qui accompagnait son rapport à la photographie de guerre depuis le début - pourquoi les gens cherchent-ils à se détruire mutuellement ? - appelle donc à d’autres formes d’expérience. A partir de 2012, avec des projets comme The Enemy ou Seven Grams, il propose ainsi, à partir d’un travail de recherche documentaires et d’entretiens, des installations où se mêlent photographie, enregistrements audio et réalité virtuelle.

Développé pendant près de dix ans, en partie pendant une résidence à MIT, le projet The Enemy est le fruit d’une ambitieuse coproduction entre France Télévisions et Camera Lucida. Dans ce travail, Karim Ben Khelifa est parti du constat que les combattants de deux bords opposés partageaient souvent les mêmes peurs et les mêmes fantasmes vis-à-vis de leurs ennemis. Il a donc développé une installation muséale qui place deux véritables belligérants, qui ont été filmés et longuement interrogés, face à face, et le spectateur à mi-chemin. Une application mobile permet aussi de recréer ce face-à-face dans n’importe quel environnement grâce à la réalité augmentée. Le but étant de mettre la dimension humaine au centre de l’expérience, tout en impliquant le spectateur de façon plus active. Après une première mondiale à l’Institut du monde arabe en mai 2017, l’installation VR de The Enemy a voyagé à travers le monde : aux États-Unis, en Suisse, au Canada ou encore en Israël.

  • 1972

    1972

    Naissance en Belgique

  • 1997

    1997

    Karim Ben Khelifa couvre son premier conflit, au Kosovo

  • 2013

    2013

    Professeur invité au MIT

  • 2017

    2017

    Exposition The Enemy, à l’Institut du Monde Arabe

  • 2021

    2021

    L’exposition Seven Grams reçoit le Prix Bayeux Calvados-Normandie

L'Institut français et l'artiste

Seven Grams de Karim Ben Khelifa est présenté dans l'exposition Escape, voyage au coeur des cultures numériques. 

Initiée par l’Institut français, l’exposition Escape, voyage au cœur des cultures numériques sera présentée dans les établissements du réseau culturel (Instituts français, Alliances françaises…) ou des établissements et événements partenaires (lieux culturels, foires, salons…), à compter de novembre 2021.

Les membres du réseau diplomatique trouveront les informations pour programmer cette exposition ici

L'institut français, LAB