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Portrait
Cinéma

Koji Fukada

La réalité au cinéma, c’est la superposition d'un certain nombre de mensonges qui permet de rendre les choses réalistes.

Avec une douceur qui n'est pas sans évoquer le cinéma d'Éric Rohmer, Koji Fukada filme la solitude des êtres face à la mort. À l'instar de son compatriote Ryusuke Hamaguchi, il incarne une nouvelle génération de cinéastes japonais qui mélangent volontiers les formes artistiques.

Publié le 19/03/2020

2 min

Après des études à la Film School of Tokyo, où il suit notamment les cours du cinéaste Kiyoshi Kurosawa, Koji Fukada se lance immédiatement dans la réalisation de longs métrages autoproduits comme La Chaise, en 2002. Ces films, peu montrés au Japon et dans le monde, constituent des esquisses de ce que sera son cinéma.

Parallèlement, il intègre la troupe de théâtre d’Oriza Hirata et réalise La Grenadière (2006), un film-concept adapté du roman de Balzac où il mêle peinture et animation.

Ce goût pour les expérimentations formelles et le mélange des genres se retrouve tout au long d'une œuvre qui passe de la comédie naturaliste (Hospitalité, 2010) au thriller psychologique (Harmonium, 2016), en passant par le film d'anticipation mélancolique (Sayonara, 2015).

Les films de Koji Fukada demeurent liés par deux thèmes récurrents : la famille et le « memento mori », ce motif de la pensée occidentale qui consiste à souligner la fugacité de la vie terrestre. Hospitalité et Harmonium auscultent ainsi, à leur manière, les dysfonctionnements de cellules familiales confrontées à une présence inattendue, qu'il s'agisse d'un étranger ou d'un fantôme du passé.

À côté de ces œuvres, une chronique délicate comme Au revoir l'été (2013) amorce une réflexion sur la solitude des êtres dans l'attente de la mort. Ce motif est prolongé dans un style élégiaque par Sayonara, huis clos ancré dans le contexte d'un accident nucléaire et adapté d'une pièce d'Oriza Hirata.

Apparu sur la scène internationale au début des années 2010 avec le succès d'Hospitalité au Festival international de Tokyo, Koji Fukada est très vite considéré comme un des leaders d'une nouvelle génération de cinéastes japonais capables de succéder aux grands cinéastes que sont Naomi Kawase ou Hirokazu Kore-eda.

Cette reconnaissance mondiale se confirme au Festival des Trois Continents de Nantes qui décerne la Montgolfière d'Or à Au Revoir l'été en 2013.

Les nombreuses références à Balzac, Rimbaud ou encore à l'univers d'Éric Rohmer, un des modèles absolus de Koji Fukada rend son cinéma plus familier au public occidental.

 

  • 1999

    1999

    Koji Fukada entre à la Film School of Tokyo où il suit notamment les cours des cinéastes Shinji Aoyama et Kiyoshi Kurosawa.

  • 2002

    2002

    Il réalise son premier film, La Chaise, auto-financé, avec un budget de quelques milliers d'euros.

  • 2005

    2005

    Koji Fukada devient assistant metteur en scène dans la troupe de théâtre Seinenden. Il y recrute bon nombre des acteurs fétiches de ses films.

  • 2010

    2010

    Son film Hospitalité obtient le prix du meilleur film dans la section « Japanese Eye » au Festival International du Film de Tokyo.

  • 2016

    2016

    Son sixième film, Harmonium, est sélectionné au Festival de Cannes. Il obtient le Prix du Jury dans la section « Un certain regard ».

L'Institut français et le cinéaste

L'Infirmière, de Koji Fukada (2019) a été soutenu en 2018 dans le cadre de l’Aide aux cinémas du monde. Ce programme de l’Institut français apporte son soutien à des cinéastes étrangers sur des projets de films en coproduction avec la France, qu’il s’agisse de longs métrages de fiction, d’animation ou de documentaires de création. En savoir + sur l’Aide aux cinémas du monde

L'institut français, LAB