de portraits
Portrait
Cinéma

Laila Aoudj

On ne décide pas d'avoir un coup de cœur ou un coup de foudre pour un film, c'est le film qui s'impose à nous.

Engagée dans la promotion et la diffusion du cinéma en Algérie, Laila Aoudj milite pour l'émergence d'une nouvelle génération de cinéastes dans son pays. Un combat qu'elle mène, aussi, caméra à la main.

Mis à jour le 23/04/2020

2 min

D'origine algérienne, Laila Aoudj fait des études à l'EM Strasbourg Business School, puis à la Fémis. Elle se lance ensuite dans la promotion du cinéma en prenant en 2015 la direction artistique des Rencontres cinématographiques de Béjaïa. Pendant cinq ans, elle contribue à l'essor de ce rendez-vous incontournable dans le paysage cinématographique algérien. 

En parallèle, elle fonde Dima Cinéma en 2019 avec Amine Hattou. Sa mission : contribuer à l'émergence d'un réseau de diffusion alternatif. Attentive aux mouvements politiques qui agitent son pays, elle élabore en 2020 un projet de documentaire, Passé simple, qui revient sur les années 1990, une des périodes les plus sombres de l'histoire algérienne contemporaine.

 

À travers chacun de ses engagements, Laila Aoudj montre une volonté farouche de défendre la liberté d'expression des cinéastes et la singularité de leurs regards. En 2018, alors que le ministère de la Culture refuse de délivrer son visa à la projection de Fragments de rêve de la réalisatrice Bahïa Bencheikh-El-Fegoun lors les Rencontres cinématographiques de Béjaia, Laila Aoudj répond par un geste fort : l'arrêt du festival. 

L'année suivante, les Rencontres reprogrammeront le film et donneront une large place aux œuvres rendant compte du mouvement hirak qui secoue le pays, comme Awal Ayta de Rami Aloui et Nadir Mohammedi (2019) ou Vendredi est une fête de Samir Ardjoum et Ager Oueslati (2019).

Laila Aoudj conçoit son rôle de diffuseur comme un moyen d'ouvrir les spectateurs au monde. Dans le cadre des Rencontres cinématographiques de Béjaïa, comme avec le programme Dima Cinéma, elle met en avant des films étrangers, pour les montrer à des publics parfois éloignés des salles. 

Elle s'affirme surtout comme une ardente combattante en faveur de l'émancipation du cinéma algérien à un moment clé de son histoire, contribuant à la diffusion à travers le monde d'œuvres fragiles, mais précieuses, réalisées par de jeunes talents locaux. Ce fut le cas en 2020 lorsqu'à l'invitation de la Cité internationale des arts à Paris, elle propose de projeter le moyen-métrage de Sarah Nacer, Qu'ils partent tous (2020), témoignage brûlant des espoirs qui animent les manifestants pacifistes lors du « hirak », au printemps 2019.

  • 2015

    2015

    Laila Aoudj devient directrice artistique des Rencontres cinématographiques de Béjaia.

  • 2018

    2018

    Elle interrompt les Rencontres cinématographiques de Béjaïa suite à l'interdiction de diffuser le documentaire Fragments de rêve.

  • 2019

    2019

    Laila Aoudj fonde, avec Amine Hattou, l'initiative collaborative Dima Cinéma.

  • 2020

    2020

    En résidence à la Cité internationale des arts de Paris, elle écrit son premier documentaire, Passé simple.

L'Institut français et l'artiste

Dans le contexte de la pandémie du Coronavirus Covid-19, l’Institut français souhaite continuer à vous proposer des portraits, rencontres avec des créateurs de toutes origines, œuvres, portfolios. Nous espérons que ces pages vous apporteront une respiration dans un quotidien confiné.

 

Laila Aoudj a été sélectionnée par l’Institut français d’Algérie, pour une résidence de trois mois à la Cité internationale des arts, prolongée jusqu'à début mai. Elle a aussi été invitée dans le cadre du festival Cinéma du Réel en mars, dont l'Institut français est partenaire. 

 

En savoir + sur le programme de résidences à la Cité internationale des arts

L'institut français, LAB