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Laurence Devillers

Les robots doivent respecter nos valeurs humaines pour notre bien-être.

Spécialisée en robotique appliquée aux sciences sociales, Laurence Devillers pousse nos sociétés à s’interroger sur les risques de l’intelligence artificielle affective.

Publié le 17/07/2019

2 min

Après des études d’informatique au sein de l’Université Paris-Sud, c’est à l’université Paris-Saclay puis à la Sorbonne que Laurence Devillers commence elle-même à enseigner l’informatique et l’intelligence artificielle, tout en étant chercheuse au Laboratoire d’informatique pour la mécanique et les sciences de l’ingénieur (LIMSI) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).


Dans ce milieu encore majoritairement masculin, Laurence Devillers est une référence reconnue dans son domaine : les dimensions affectives et sociales dans les interactions parlées.

Pour la chercheuse spécialiste des interactions homme-machine, il est primordial que le comportement empathique des robots soit encadré par des commandements éthiques. Si Laurence Devillers n’est pas contre ces machines artificiellement intelligentes, elle met néanmoins en garde : ces objets pseudo-affectifs ont un réel impact sociétal.

Déjà présents dans nos quotidiens, les robots sociaux et autres assistants domestiques comme Google Home ou Siri sont en phase d’amélioration afin de détecter les émotions dans la voix humaine. Avec cette analyse du langage non-verbal, les risques d’attachement aux machines et de manipulation n’en sont que plus grands. La vigilance est donc de mise pour la professeure.

Dans son livre Des robots et des hommes : Mythes, fantasmes et réalités (Edition Plon, 2017), Laurence Devillers convoque la fiction, de Mary Shelley à Wall-E en passant par Isaac Asimov et Goldorak, pour mettre en évidence les dérives de l’intelligence artificielle, tout en rassurant quant à ces créatures : ces dernières ne doivent pas effrayer les utilisateurs et ne sont pas dangereuses pour l’humain.

Ses recherches éthiques et ses nombreuses publications scientifiques l’ont conduite à devenir une référence incontournable dans le débat sur les dialogues homme-machine. Elle a notamment pris part à la Commission de réflexion sur l'Éthique de la Recherche en sciences et technologies du Numérique (CERNA) d’Allistène, elle a participé au projet BAD Nudge-BAD Robot de l’Institut DATAIA, ou encore à l’initiative mondiale IEEE (Global Initiative on Ethics of Autonomous and Intelligent Systems) sur l'éthique dans la conception de systèmes autonomes. Sa volonté d’éduquer face aux avancées de la robotique émotionnelle sera exposée en janvier 2020 lors d’un séminaire à Dagstuhl en Allemagne, auprès de ses collègues de l’Université de Kyoto (Japon), de Sheffield (Royaume-Uni) et de Medford (Etats-Unis).

  • 2004

    2004

    Laurence Devillers anime une équipe dédiée aux « dimensions affectives et sociales dans les interactions parlées » au sein du LIMSI/CNRS.

  • 2011

    2011

    Elle enseigne l’intelligence artificielle à Sorbonne Université, tout en poursuivant ses recherches au CNRS.

  • 2015

    2015

    Elle devient membre de la CERNA,Commission de réflexion sur l'Éthique de la Recherche en sciences et technologies du Numérique d’Allistène.

  • 2017

    2017

    Son ouvrage Des Robots et des hommes : Mythes, fantasmes et réalités est publié aux éditions Plon.

  • 2020

    2020

    Laurence Devillers organisera le séminaire « On Spoken Language Interaction with Virtual Agents and Robots » à Dagstuhl, en Allemagne.

L'Institut français et la chercheuse

Laurence Devillers est intervenue au Japon en 2018 dans le cadre d’un cycle de débats d’idées intitulé : « L'homme et la machine » Ces débats sont soutenus par l’Institut français dans le cadre du Fonds d’Alembert.

En savoir + sur le Fonds d'Alembert.

L'institut français, LAB