de portraits
Portrait
Numérique

Mali Arun

La question du regard est toujours compliquée. Le mieux c'est d'être au plus simple, au plus honnête, au plus sincère.

Dans le sillage d'une génération d'artistes dont la pratique se situe à la croisée des genres et des supports, Mali Arun ausculte avec précision les corps en mouvement.

De la fiction au documentaire, en passant par l'art vidéo, son œuvre interroge également les croyances de nos civilisations.

Mis à jour le 07/04/2020

2 min

Après un baccalauréat option cinéma, Mali Arun étudie aux Beaux-Arts de Paris, de Tianjin et de Bruxelles. Ses origines métissées (chinoises, turques et allemandes) et ses voyages lui permettent d'affiner une vision artistique ouverte, dans laquelle les frontières entre les genres se diluent progressivement. 

Mêlant documentaire et fiction, ses premiers travaux ne tardent pas à séduire la scène artistique contemporaine. Le docufiction Barak (2013), filmé en immersion dans un camp de Roms, mais surtout la vidéo Paradisus (2016), mettent en lumière un regard âpre et maîtrisé. 

Récompensée, à seulement 31 ans, du prestigieux Grand Prix du Salon de Montrouge en 2018, Mali Arun s'essaie à la vidéo immersive avec Mutatis (2018),présentée au Palais de Tokyo en 2019, avant de se lancer dans l'écriture de son premier long-métrage de fiction Fan-Koueï (2020).

Au cœur de l'œuvre de Mali Arun, il y a le corps, ses déplacements et l'empreinte qu'il laisse sur les lieux qu'il traverse. Ces motifs trouvent d'abord leur expression dans les figures de l'autre et de l'étranger, incarnées par les Roms de Barak (2013) autant que par l'ermite extravagant de La Maison (2019). 

Qu'il s'agisse d'une fiction ou d'un documentaire, d'une installation ou d'une œuvre filmique, chacun des travaux de Mali Arun semble creuser la présence troublante de magie dans des rituels populaires – la Saint-Jean dans Feux en 2015 – ou l'inquiétante folie d'autres processions plus dévastatrices (les touristes qui prennent possession du site idyllique de Paradisus). 

À chaque fois, néanmoins, le regard de l'artiste met à jour, sans jamais les juger, l'intensité de ces rapports empreints d'une forme particulière de sacré.

Mali Arun n'a pas attendu le Grand Prix du Salon de Montrouge 2018 pour s'épanouir sur la scène internationale. Dès 2011, elle expose en Chine – au sein de l’exposition « Me/You/Them » au Musée d'art contemporain de Tianjin et en Belgique – « The Good, the Bad and the Ugly » au Cultuurcentrum Strombeek de Grimbergen. C’est en 2016 qu’elle livre son premier solo show, Une autre lumière, à la galerie T66 de Fribourg. 

Son œuvre cinématographique est elle aussi régulièrement accueillie et récompensée dans des festivals internationaux comme Clermont-Ferrand, New York et Nyon qui délivre le Sesterce d'Or du festival Visions du Réel au film La Maison, en 2019. Un succès qui doit autant à l'audace de sa démarche qu'à la portée universelle des thématiques et des récits légendaires (la religion, les frontières) qu'elle reformule dans son œuvre.

  • 2010

    2010

    Mali Arun entre aux Beaux-Arts de Paris. Après des échanges avec les Beaux-Arts de Tianjin, puis avec La Cambre à Bruxelles, elle reçoit son diplôme en 2013.

  • 2014

    2014

    Son premier documentaire Barak obtient le coup de cœur du jury au Festival Point Doc de Paris.

  • 2018

    2018

    Elle expose son travail au Salon de Montrouge qui lui octroie sa récompense la plus prestigieuse, le Grand Prix.

  • 2020

    2020

    Mali Arun prépare son premier long-métrage de fiction Fan-Koueï avec La Ruche Productions, société qui l'accompagne depuis ses débuts.

L'Institut français et l'artiste

Dans le contexte de la pandémie du Coronavirus Covid-19, l’Institut français souhaite continuer à vous proposer des portraits, rencontres avec des créateurs de toutes origines, œuvres, portfolios. Nous espérons que ces pages vous apporteront une respiration dans un quotidien confiné.

 

Mutatis (2018) de Mali Arun, figure parmi les oeuvres de la Sélection VR de l’Institut français, corpus de contenus en réalité virtuelle destiné à la diffusion non commerciale au sein des espaces du réseau ou de leurs partenaires.

 

Retrouvez également l’œuvre sur Futurimage, une plateforme offrant un riche panorama de nouvelles narrations sous toutes ses formes. Futurimage a été créé à l’initiative de l’Institut Français, en collaboration avec Producteurs d'Expériences Numériques. 

En savoir + sur Futurimage

L'institut français, LAB