de portraits
Portrait
Métiers d'art

Martine Rey

Je crée des objets qui permettent un lien affectif voir intime entre soi et l’objet, quête incessante de l’objet perdu, et/ou de celui qui manque, depuis toujours.

Artiste laqueure spécialisée en laque végétale « urushi », Martine Rey a découvert cette technique ancestrale il y a 40 ans, lors de ses études à l’Université des Beaux-Arts de Kyoto au Japon. Formée par le maître Maître Shinkaï, elle développe depuis son voyage initiatique une approche sensible et personnelle de ce matériau vivant et sensuel, qu’elle ne cesse de réinterpréter dans ses créations.

Publié le 07/08/2019

2 min

Après une formation à l’École Supérieure des Arts Appliqués de Paris option « laque européenne », Martine Rey se rend au Japon en 1977 pour étudier à l’Université des Beaux-Arts de Kyoto. Véritable révélation, elle y découvre et apprend la technique de la laque végétale « urushi » pendant un an et demi, auprès du maître Shinkaï, avant de revenir en France, à Voiron, où elle vit et travaille aujourd’hui.

Prolongeant sa pratique en France, Martine Rey fonde en 1980 l’association LAC (Laqueurs Associés pour la Création) et enseigne la laque végétale à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et Métiers d'Art de Paris entre 2002 et 2009. Exposée en France et l’étranger, plusieurs fois sélectionnée par la Triennale d’Ishikawa, Martine Rey est également invitée en 1993 par le Symposium du W.C.C. (World Urushi Culture Council) à Tokyo et l’International Fair of Lacquer and painting Design à Ishikawa.

À son retour du Japon en 1977, Martine Rey souhaite prolonger l’approche de la laque végétale « urushi ». Elle utilise dès lors de la laque pour révéler la splendeur des objets ordinaires. Entre ses mains et à travers les différentes couches de matière superposée et polies, la laque, vivante et sensuelle, change un simple bréchet de poulet en relique.

Devenu au fils des années un véritable langage, Martine Rey ne cesse d’explorer les possibilités de ce matériau dans des créations exprimant sans contradiction intensité et fragilité. Depuis 2000, elle pratique l’art du « kintsugi », la restauration de céramique à la laque d’or, faisant renaître des objets brisés. Une autre manière de révéler l’infime, et l’infirme, beauté de toute chose.

Quarante ans après sa formation, sans jamais avoir perdu le lien intime qui l’unissait au Japon, Martine Rey retrouve Kyoto et le Japon, ce pays et cette culture qui l’ont façonnée et tant inspirée, lors d’une résidence à la Villa Kujoyama de mai à octobre 2018. Largement affranchie des traditions dans lesquelles elle ne cesse pourtant de puiser, elle considère cette résidence comme un retour aux sources lui permettant d’établir de nouvelles correspondances esthétiques entre la France et le Japon.

Partageant son savoir-faire avec d’autres artistes laqueurs japonais, elle a développé une nouvelle technique qu’elle nomme « urushinaashi », inspirée par la rencontre de la laque « urushi » avec l’art millénaire des encres flottantes « suminagashi ». L’encre originellement utilisée, y est remplacée par de la laque qu’elle vaporise à la surface de l’eau dans de larges bassins, laissant la matière végétale s’imprimer sur la soie, pour explorer, là encore, de nouveaux territoires poétiques.

Martine Rey - Retours de Résidence à la Villa Kujoyama
Martine Rey - Retours de Résidence à la Villa Kujoyama
  • 1975

    1975

    Martine Rey est diplômée de l’Ecole Supérieure des Arts Appliqués de Paris, option «laque européenne».

  • 1977

    1977

    Martine Rey découvre la laque végétale « Urushi » lors de ses études à l’Université des Beaux-Arts de Kyoto et se forme auprès du maître Shinkaï.

  • 1980

    1980

    Elle devient membre fondatrice de l'association LAC (Laqueurs associés pour la Création).

  • 1993

    1993

    Martine Rey est artiste invitée au Symposium du W.C.C. (World Urushi Culture Concil) de Tokyo et à l'International Fair of Lacquer and painting Design d’Ishikawa au Japon.

  • 2002

    2002

    Martine Rey enseigne la laque végétale à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et Métiers d'Art de Paris, jusqu’en 2009.

  • 2018

    2018

    40 ans après sa formation, comme un retour aux sources de son art, Martine Rey entre en résidence à la Villa Kujoyama de Kyoto.

L'Institut français et l'artiste

Lauréate du programme de résidence à la Villa Kujoyama, Martine Rey a séjourné à Kyoto en 2018. La Villa Kujoyama, établissement de l’Institut français du Japon, est soutenue par l’Institut français.

En savoir + sur le programme de résidence à la Villa Kujoyama.

L'institut français, LAB