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Portrait
Cinéma

Mwezé Ngangura

Il faut esquiver le piège de l’exotisme pour proposer un cinéma universel.

Réalisateur congolais résidant en Belgique, Mwezé Ngangura est l’auteur de plusieurs courts et longs-métrages, tantôt fictionnels, tantôt documentaires. Très populaire dans l’Afrique francophone, son œuvre narre l’histoire de son pays d’origine, porte à la loupe l’émigration africaine et illustre la transversalité de la musique.

Publié le 11/02/2021

2 min

Mwezé Ngangura est né en 1950 dans ce qui était alors le Congo Belge, à Bukavu. Après avoir terminé un cursus d’Humanités littéraires, il obtient une bourse afin de poursuivre des études de réalisation à l’Institut des Arts et Métiers de Bruxelles. Diplômé en 1975, il retourne l’an suivant au Congo, devenu Zaïre, enseigner le cinéma. Durant plusieurs années, le réalisateur tourne plusieurs films documentaires pour la télévision zaïroise, avant de revenir s’installer à Bruxelles.

Désireux de conserver son indépendance, il crée sa propre société de production en 1985, Sol’Oeil Films, laquelle lui permet de coproduire un premier long-métrage retentissant, La vie est belle (1987), sur le parcours d’un jeune paysan congolais décidé à vivre de sa musique. En 1996, il lance dans la capitale belge sa seconde société de production, Films Sud, par laquelle il a depuis réalisé 4 films, aux lieux de tournage alternant entre continents africain et européen.

Au moment où Mwezé Ngangura se lance dans le 7e art, le paysage audiovisuel congolais est dominé par des thématiques précises, notamment celle du parti unique, du « mobutisme », soit la doctrine officielle d’Etat promue par celui qui fût à la tête du Zaïre entre 1965 et 1997 : Mobutu Sese Seko. Refusant d’être un porte-parole du régime, Mwezé Ngangura a produit un cinéma axé sur l’universalité « capable de parler autant aux publics européens qu’africains », notamment à travers l’étude du multiculturalisme, et ce grâce à des œuvres de fiction axées sur la musique, telles que : La Vie est belle (1987), Changa-Changa (1992), ou encore Pièces d’identités (1999).

Le premier long-métrage de Mwezé Ngangura a suffi à l’inscrire parmi les grands noms du cinéma africain. La vie est belle (1987) conquit une large audience sur la partie francophone du continent grâce à son scénario enchanteur, romance poignante nourrie de passion musicale, et la présence au casting de Papa Wemba, célèbre musicien congolais. Mais Mwezé Ngangura date le véritable lancement de sa carrière à la réception de l’Etalon de Yennenga, lors de l’édition 1999 du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, pour son second long-métrage, la comédie dramatique Pièces d’identités. Ses œuvres suivantes seront diffusées sur des chaînes européennes comme ARTE pour Changa-Changa (1992), mais également présentée lors de grands festivals internationaux à l’exemple du Festival international du film de Montréal pour Le Général Tombeur (1997).

  • 1985

    1985

    Mweze Ngangura crée sa propre société de production, Sol’Oeil Films.

  • 1987

    1987

    Sortie saluée du long-métrage de fiction La vie est belle.

  • 1996

    1996

    Le réalisateur lance sa seconde société de production, Films Sud.

  • 1999

    1999

    Mweze Ngangura reçoit le grand prix de l’Etalon de Yennega pour son second long-métrage, Pièces d’identités.

L'Institut français et le réalisateur

Plusieurs films de Mwezé Ngangura, dont Kin kiesse (1982), sont diffusés à l'international par l'Institut français.

L'Institut français propose, avec la Cinémathèque Afrique, un catalogue de plus de 1 600 films africains de 1960 à nos jours. En savoir + sur la Cinémathèque Afrique 

L'institut français, LAB