de portraits
Portrait
Musique

Neo Muyanga

En Afrique du Sud, aucun chant contestataire ne peut être attribué à quelqu’un en particulier. Ce sont des chants communautaires, qui appartiennent à tous.

La musique de Neo Muyanga s’inscrit dans l’histoire sud-africaine du chant, pratique artistique fortement marquée par la lutte contre l’apartheid. En compositeur émérite mais aussi en théoricien reconnu, Neo Muyanga revendique un activisme qui dépasse le seul cadre de ses œuvres et de ses concerts.

Mis à jour le 09/09/2019

2 min

Né en 1974 à Soweto en Afrique du Sud, Neo Muyanga découvre la musique à travers les chorales traditionnelles, avant de suivre une formation classique en théorie de la musique. Il part étudier le madrigal à Trieste, en Italie, puis il développe une activité aussi bien pratique que théorique. Au milieu des années 1990, il co-fonde avec le musicien malawien Masauko Chipembere le duo de jazz acoustique Blk Sonshine, qui rencontre un succès tant auprès du public que de la critique. Il s’investit ensuite dans différents projets collectifs telle que la revue Chimurenga ou le lancement de la plateforme de radio panafrcaine « Pan African Space Station ». Théoricien, librettiste, musicien et compositeur, on lui doit plusieurs opéras et de nombreuses pièces pour chœurs ou orchestres.

Dans tous les genres qu’il croise ou restitue, Neo Muyanga s’intéresse au thème de la révolte et de la résistance face à toutes les formes de domination. Ainsi, il met régulièrement en exergue le rôle de la musique et des chansons protestataires dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, et plus généralement dans les processus de libération des peuples. On lui doit la bande originale du documentaire Concerning Violence de Göran Olsson (2014), inspiré de textes du psychiatre Frantz Fanon, ou encore l’opéra Heart of Redness (2015), adaptation du roman de Zakes Mda (traduit en français sous le titre Au pays de l’ocre rouge), qui raconte les divisions au sein d’un village de Cafrerie britannique en Afrique du Sud au XIXe siècle. 

Revendiquant une certaine forme d’activisme, Neo Muyanga ne cesse de multiplier conférences, concerts, performances ou encore installations. À ce jour, il a collaboré avec le célèbre artiste sud-africain William Kentridge, la troupe de théâtre The Royal Shakespeare Company ou encore la Handspring Puppet Company, troupe que l’on a pu découvrir en 2012/2013 en France dans le cadre de la saison France-Afrique du Sud avec le spectacle Ouroboros dont Neo Muyanga signait la musique. Invitéé à la Biennale 2019 de Sharjah aux Emirats Arabes Unis, il présente un travail autour de la figure de Miriam Makeba (1932-2008). Il a récemment reçu commande pour la Biennale 2020 de Liverpool au Royaume-Uni.

  • 1998

    1998

    Neo Muyanga sort son premier disque du duo Blk Sonshine avec Masauko Chipembere. Succès en Afrique du Sud des titres Building et Born in a taxi.

  • 2008

    2008

    Il co-fonde la plateforme radio panafricaine Pan African Space Station avec son ami écrivain camerounais Ntone Edjabe, fondateur de la revue Chimurenga à laquelle Muyanga a collaboré.

  • 2012

    2012

    Neo Muyanga crée l’opérette The Flower of Shembe aux références zoulous.

  • 2019

    2019

    Neo Muyanga réalise la performance House of MAKEdbA — avec la voix de Miriam Makeba —, qui interroge la notion d’exil artistique et politique.

L'Institut français et Neo Muyanga

Neo Muyanga est expert sectoriel "Musique" pour la Saison Africa 2020. Il appuie le Commissariat général de l'Institut français afin de mettre des professionnels africains en relation avec les institutions françaises partenaires de la Saison Africa 2020.

 

En savoir + sur la Saison Africa 2020

L'institut français, LAB