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Portrait
Débat d'idées

Pap Ndiaye

Le musée de l’Histoire de l’immigration doit devenir un lieu de connaissance et de réflexion sereine sur des questions qui sont souvent considérées de façon polémique.

Spécialiste de l’histoire sociale des Etats-Unis et des minorités, Pap Ndiaye vient d’être nommé à la tête du Musée national de l’histoire de l’immigration, à Paris. L’historien souhaite faire de ce musée un lieu de débat apaisé autour de la colonisation.

Publié le 16/04/2021

2 min

Fils d’un père sénégalais et d’une mère française, Pap Ndiaye est également le frère de la romancière Marie Ndiaye. Normalien et agrégé d’histoire, c’est aux Etats-Unis, à l’Université de Virginie, qu’il découvre pour la première fois les black studies. Produit d’un parcours méritocratique et se revendiquant lui-même « républicain universaliste », il rechigne dans un premier temps à s’engager sur le sujet. Par la suite, devenu maître de conférences à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, il commence à écrire sur la question des minorités en France, en parallèle de son enseignement sur l’histoire sociale des Etats-Unis. Il participe ainsi à la création du Cercle d’Action pour la Promotion de la Diversité (CAPDIV) et du Conseil Représentatif des Association Noires de France (CRAN). Longtemps professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, il est nommé en 2021 à la tête du Palais de la Porte Dorée, dont dépend le musée de l’Histoire de l’immigration.

En 2008, Pap Ndiaye publie La condition noire: Essai sur une minorité française, un ouvrage qui est souvent considéré comme fondateur des black studies à la française. Il y analyse l’évolution de la notion controversée de « race » dans l’histoire des sciences sociales, notamment à travers une comparaison avec les Etats-Unis. Il n’hésite pas alors à articuler sa réflexion d’historien avec l’évocation, plus discrète, de sa propre expérience : son essai est ainsi accompagné par une nouvelle, Les sœurs, signée par sa sœur Marie Ndiaye. En 2012, il publie un autre ouvrage remarqué, Obama dans l’Amérique noire, où il s’interroge sur la possibilité pour les noirs français d’accéder à des responsabilités politiques. 

En 2021, Pap Ndiaye est nommé à la tête du Palais de la Porte Dorée, dont dépend le Musée national de l’Histoire de l’immigration. Il souhaite aujourd’hui faire de ce musée une référence sur le terrain de la recherche scientifique sur l’histoire de l’immigration. Mais également un lieu de débat apaisé autour de questions qui agitent encore souvent la société française. Sous sa direction, l’esclavage et les questions coloniales occuperont une place plus importante dans la collection permanente. Cette dernière sera entièrement repensée, notamment pour y faire entrer le XVIIIe siècle, période de la traite négrière. Loin des polémiques, Pap Ndiaye, qui considère sa nomination comme un symbole, souhaite ainsi créer un lieu dédié à la pédagogie mais aussi, au même titre que tout musée, à l’émotion et à l’émerveillement.  

  • 1986

    1986

    Il entre à l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud et obtient l’agrégation d’histoire.

  • 1991

    1991

    Boursier à l’Université de Virginie, il découvre pour la première fois les black studies.

  • 2007

    2007

    Il entre au conseil scientifique du Conseil Représentatif des Association Noires de France (CRAN).

  • 2008

    2008

    Publication de "La Condition noire : essai sur une minorité française".

  • 2021

    2021

    Il est nommé directeur général du palais de la Porte-Dorée et du musée national de l’Histoire de l’immigration.

L'Institut français et Pap Ndiaye

L’Institut français propose le portrait de Pap Ndiaye afin de promouvoir les échanges intellectuels et la circulation des idées. 

L'institut français, LAB