de portraits
Portrait
Cinéma

Sandra Kogut

Dans une fiction ou dans un documentaire il est toujours question de mise en scène. La seule réalité qui existe est la réalité interne d’un film.

Brésilienne d'origine hongroise, Sandra Kogut a vécu en France puis aux États-Unis. Pour elle, les frontières semblent n'exister que pour être dépassées. Ce qui vaut aussi pour son cinéma : formée à l'école du reportage et des arts plastiques, sa filmographie mêle documentaire et fiction, surpassant leurs codes.

Publié le 30/10/2019

2 min

Diplômée de philosophie, Sandra Kogut débute sa carrière par les arts plastiques en proposant des installations et des performances. En 1991, son projet Parabolic People la révèle à la critique internationale. Tourné dans six grandes villes internationales (Rio, Dakar, Tokyo, New York, Moscou et Paris), elle y dessine un portrait-robot de l'humanité sous forme de kaléidoscope.

En 2002, avec Passagers d'Orsay, elle développe un dispositif poétique prétexte aux rencontres fortuites : au hasard des galeries du Musée d'Orsay à Paris, elle demande aux visiteurs de poser devant leur œuvre préférée et de se confier devant sa caméra. Son travail a été notamment montré aux États-Unis au Harvard Film Archive de Cambridge, au Museum of Modern Art (MoMA) et au Guggenheim Museum de New York, ainsi qu’en France au Forum des Images à Paris.

Documentaire ou fictionnel, le cinéma de Sandra Kogut s'attache à capter et retranscrire les parcours des individus et leurs émotions.

Touchée par l’histoire de ses grands-parents qui ont quitté la Hongrie pour s'installer au Brésil afin d'échapper à la Shoah, la réalisatrice ressent le besoin de la raconter en 2001 dans un long-métrage qu’elle nommera Passeport hongrois. En demandant la nationalité hongroise, celle que ses grands-parents ont perdue, elle transforme la démarche administrative en réflexion sur l'identité et les origines.

En 2007 avec Mutum, elle s'intéresse à l'itinéraire d'un garçon de dix ans silencieux qui observe les dures conditions de vie des paysans dans le Sertao. Alors que ce film est sa première œuvre fictionnelle, elle a fait appel à des comédiens non-professionnels. Pour se préparer et apprendre à se connaître, ils vivent pendant deux mois dans la maison où le film est tourné. Cette méthode authentique d’immersion donne à l'œuvre sa force et son énergie.

Révélée dans les festivals internationaux documentaires dès ses premiers courts-métrages, Sandra Kogut a reçu une Mention spéciale au Festival international de cinéma de Marseille (FIDMarseille) en 1998 pour son court-métrage Adieu au monde ou l'histoire de Pierre et Claire.

Son premier long-métrage, Un passeport hongrois, est récompensé en 2002 d’une mention spéciale lors du Festival international du film documentaire de Rio de Janeiro. Mais c'est avec son premier film de fiction, Mutum, que Sandra Kogut atteint une grande visibilité internationale grâce à sa sélection à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes en 2007.

  • 1988

    1988

    Sandra Kogut tourne son premier film documentaire Paralamas do Sucesso.

  • 1993

    1993

    Sandra Kogut réalise En Français, un court-métrage entre fiction et documentaire.

  • 2007

    2007

    Mutum est sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes (France) et au Festival international du film de Toronto (Canada).

  • 2015

    2015

    Campo Grande est présenté en première mondiale dans la section « Cinéma du monde contemporain » au Festival international du film de Toronto (Canada).

L'Institut français et l'artiste

Sandra Kogut a bénéficié en 2018 du soutien de l’Institut français dans le cadre du programme Aide aux cinémas du monde.

 

Ce programme de l’Institut français apporte son soutien à des cinéastes étrangers sur des projets de films en coproduction avec la France, qu’il s’agisse de longs métrages de fiction, d’animation ou de documentaires de création. En savoir plus sur l’Aide aux cinémas du monde

L'institut français, LAB