de portraits
Portrait
Pluridisciplinaire

Séverine Chavrier

C’est essentiel pour de jeunes metteurs en scène de se frotter à d’autres formes d’art.

À la fois musicienne et metteuse en scène, Séverine Chavrier place au cœur de son travail le mélange des arts pour explorer les relations humaines.

Publié le 11/02/2020

2 min

Médaille d’or de piano au Conservatoire de Genève en 1994, Séverine Chavrier a d'abord une carrière tournée vers la musique. Mais le travail solitaire de pianiste l'amène à se tourner vers le théâtre et des projets plus collectifs.

Passée par le Cours Florent, collaborant avec Jean-Louis Martinelli dans Schweyk, de Bertolt Brecht, elle crée son premier spectacle en 2009, Épousailles et représailles. En 2014, Les Palmiers sauvages, inspirée de l’œuvre de William Faulkner, lui fait faire le tour des grandes scènes françaises.

En prenant en 2017 la tête du Centre dramatique national d’Orléans, elle se lance dans le développement de la création dramatique et l’accompagnement de jeunes metteurs en scène. Elle les pousse à travailler avec d'autres mediums que le théâtre, en collaborant avec Maud Le Pladec – qui dirige le Centre Chorégraphique National d’Orléans – ou encore avec l'École nationale supérieure des Beaux-Arts.

Séverine Chavrier revendique de travailler avec différentes formes d'art pour mieux mettre en exergue l'intime des personnages, les enjeux de notre société ou le travail littéraire des auteurs.

Sa pièce Plage ultime, créée en 2012, remarquée la même année au Festival d’Avignon, mélange ainsi le texte, la musique et la vidéo pour explorer le langage de l’écrivain d’anticipation J. G. Ballard. Elle y pose des réflexions sur le rapport à l'image et aux nouvelles technologies, la brutalité de notre monde et les moyens, pour l'être humain, d’y résister.

Ce travail littéraire et ces réflexions sur les ressorts humains se retrouvent également dans Les Palmiers sauvages. Elle y décortique l'écriture de William Faulkner à travers tout un jeu de sons et de lumières qui entourent la parole, et interroge sur l'isolement, le rapport à la terre ou la place du corps dans notre société.

Si Séverine Chavrier travaille pour le moment essentiellement en France, elle collabore avec des artistes venus du monde entier. En 2015, sa pièce chorégraphique Après coups, Projet Un-Femme, met en lumière de jeunes artistes circassiennes venues du Cambodge, de Palestine, du Danemark, et rencontrées au Centre national des arts du cirque où elle enseigne. Avec cette pièce, Séverine Chavrier laisse la parole à des femmes en exil en France, travaillant à la fois sur le rapport de leur histoire intime à l'histoire du monde, mais aussi sur ce délicat passage de jeune femme à adulte, d'étudiante à artiste. 

Quelles que soient ses créations, la musique ne reste jamais loin. En 2016, Séverine Chavrier monte Mississippi Cantabile, en duo avec le bassiste congolais Mel Malonga, où musiques d'Afrique et d'Europe se rejoignent pour questionner l'exil.

  • 2010

    2010

    Séverine Chavrier présente sa première pièce, Épousailles et représailles, au Théâtre Nanterre-Amandiers.

  • 2012

    2012

    L’artiste est programmée au Festival d’Avignon avec sa création Plage ultime autour de l’écrivain J. G. Ballard.

  • 2015

    2015

    Elle monte Après coups / Projet Un-Femme, pièce chorégraphique autour sur cinq femmes venues des quatre coins du monde.

  • 2017

    2017

    Séverine Chavrier prend la direction du Centre dramatique national d'Orléans.

  • 2020

    2020

    Sa nouvelle pièce, Aria da capo, est attendue en avril au Théâtre de la Ville.

L'Institut français et le projet

La recréation des Palmiers Sauvages au Festival Santiago A Mil au Chili en janvier 2020 est soutenu par le programme Théâtre Export. En savoir + sur le programme Théâtre Export

L'institut français, LAB