de portraits
Portrait
Théâtre

Simon Moers et Tomoe Kobayashi

Le théâtre de marionnettes permet à la fois une distanciation par rapport au réel et une cohabitation fascinante de l’humour et de la cruauté.

Ils se sont rencontrés au Japon et partagent un même amour des arts de la marionnette : ensemble, les deux artistes pluridisciplinaires Simon Moers et Tomoe Kobayashi travaillent autour de la représentation de la violence à travers un singulier théâtre d’objets et de figures. 

Mis à jour le 03/12/2019

2 min

Simon Moers a rencontré Tomoe Kobayashi grâce à une amie commune en 2015, lors d’un voyage au Japon. Ils se sont tout de suite plu, évoluant tous les deux dans le monde de la scène et passionnés de marionnettes. C’est pourquoi, lorsque Simon a répondu à l’appel à projets de la Villa Kujoyama deux ans plus tard, il a tout de suite pensé à contacter Tomoe pour travailler avec elle : leur idée a été sélectionnée et a ouvert la voie à près de trois mois de travail en commun.

Auparavant, Simon Moers a étudié à l’Institut supérieur des arts de Bruxelles, puis à l’École nationale supérieure des arts de la marionnette de Charleville-Mézières. Il exerce aujourd’hui en tant que metteur en scène et acteur-marionnettiste au sein du collectif Projet D.

Tomoe Kobayashi a quant à elle étudié la scénographie à l’université Musashino de Tokyo. Elle est désormais costumière-plasticienne et compte parmi ses collaborations Philippe Genty, créateur de spectacles de théâtre contemporain et Mika Kurosawa, chorégraphe.

« La violence sucrée de l'imaginaire » : c’est en ces mots, repris de Roland Topor, que Simon Moers aime évoquer le spectacle conçu avec Tomoe Kobayashi, Soleil perdu, actuellement en cours de production, et dont une version courte est présentée en octobre 2019 dans le cadre du festival ¡ Viva Villa !, à Avignon. La pièce fait le récit de « deux êtres errants à la lisière du monde des vivants ». Ces personnages jouent, imitent, sans se soucier de la violence de leurs actes.

C’est là le cœur de la réflexion des deux artistes : comment la violence, quelle que soit sa forme, pèse sur la vie de chacun. Pour l’interroger, ils manipulent des objets comme des marionnettistes, et créent des « images scéniques » oniriques.

En 2015, Simon Moers passe trois semaines au Japon, un pays qui lui plaît immédiatement. Mais ce voyage le laisse sur sa faim : il veut rester plus longtemps, apprendre la langue, rencontrer du monde.

C’est pourquoi il postule, deux ans plus tard, à la Villa Kujoyama avec Tomoe Kobayashi, qu’il connaît depuis son premier séjour japonais et avec qui il a abondamment échangé par mails. Elle-même avait un pied en France, puisqu’elle avait travaillé dans les années 2010 à la conception de spectacles, avec des artistes tels que Philippe Genty. Une accointance franco-japonaise fructueuse.

  • 2010

    2010

    Tomoe Kobayashi collabore avec Philippe Genty pour le spectacle Voyageurs immobiles.

  • 2012

    2012

    Simon Moers crée le collectif Projet D avec cinq artistes de l’ENSAM de Charleville-Mézières.

  • 2015

    2015

    Rencontre de Simon Moers et Tomoe Kobayashi au Japon.

  • 2016

    2016

    Simon Moers crée avec le collectif Projet D La Traque, un spectacle de marionnettes dans l'espace public.

  • 2019

    2019

    Résidence de Simon Moers et Tomoe Kobayashi au sein de la Villa Kujoyama.

  • 2019

    2019

    Présentation d’une forme courte de leur spectacle au festival ¡ Viva Villa ! à Avignon.

L'Institut français et les artistes

Lauréats du programme de la Villa Kujoyama, Simon Moers et Tomoe Kobayashi ont réalisé leur résidence à Kyoto de janvier à mars 2019. En savoir + sur la Villa Kujoyama

L'institut français, LAB