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Portrait
Musique

Wiyaala

Quand j’ai débuté ma carrière, les producteurs me disaient que j’avais la peau trop noire et que je devrais la rendre plus claire, que j’avais l’air d’un garçon et que je devais être plus féminine. Je leur répondais que j’étais très bien comme j’étais.

Avec ses chansons dansantes, polyglottes et engagées, Wiyaala chante une Afrique à la fois moderne et rurale. Ses prises de positions et ses actions envers les enfants de sa communauté ont également fait d’elle un modèle pour la jeunesse ghanéenne, épatée par le succès de cette femme hors normes.

Publié le 19/10/2021

5 min

Né en 1986 à Wa, dans le nord-ouest du Ghana, Noella Wiyaala passe son enfance dans un environnement rural marqué par les discriminations de genre. Elle débute la musique dans une chorale d’église, où elle se forme également à la danse. Très tôt, elle marque sa différence et affirme sa volonté. « Quand j’étais petite, les enfants m’appelaient “fille-garçon”. Je jouais au foot et souhaitais porter des pantalons. Même mon père se moquait de moi »

Dès ses cinq ans, elle se produit dans un club local avec les enfants de son âge. Pour elle, c’est la révélation : elle sera chanteuse et danseuse. Elle remporte son premier concours de danse à 14 ans, avant de commencer à gagner sa vie comme choriste dans des groupes de sa ville natale. En 2008, elle publie également un premier album composé de 8 chansons, Tuma.

Dans la langue Sissala, Wiyaala signifie « celle qui fait ». Un nom qui aura forgé son identité de femme déterminée prête à multiplier les projets. Souhaitant percer dans le milieu de la musique, elle participe 3 fois, au Ghana, aux sélections de l’émission Stars of The Future avant d’être sélectionnée en 2011. Elle remporte avec son groupe Black n Peach l’émission Vodafone Icons l’année suivante, puis fait paraître son premier album international Wiyaala en 2014. Elle obtient grâce à lui le prix de la révélation artistique du continent africain des All Africa Music Awards, puis celui de la meilleure performeuse et songwriter aux Vodafone Ghana Music Awards.

Grâce à ces succès, Noella Wiyaala se fait repérer au Royaume-Uni et participe au festival WOMAD (World of Music Arts and Dance) de Peter Gabriel. En 2018, elle joue aux Jeux du Commonwealth avec un girls band nommé GRRRL tout en faisant paraître son deuxième album Sissala Goddess.

Devenue célèbre dans tout le continent, la chanteuse engagée n’oublie pas d’où elle vient. Elle vante la tradition rurale de l’Afrique des tenues anguleuses et ses parures de bijou extravagantes, qu’elle confectionne elle-même en se basant sur les designs traditionnels de sa région d’origine. Wiyaala profite également de la tribune qui lui est donnée pour défendre des causes qui lui tiennent à cœur, contre le mariage forcé des jeunes femmes ou encore contre les mutilations génitales féminines.

En 2020, elle matérialise son attachement à sa région en quittant Accra, la capitale du Ghana, au profit de Funsi, un village où elle vécut de ses 8 ans à la fin de son adolescence. Elle y construit un centre d’arts pour partager son savoir et son expérience avec les plus jeunes. 

Wiyaala - Yaga Yaga (Plenty Plenty)
Wiyaala - Yaga Yaga (Plenty Plenty)
  • 2000

    2000

    Opposée uniquement à des hommes, elle remporte sa première compétition de danse à 14 ans.

  • 2012

    2012

    Remporte l’émission Vodafone Icons avec son groupe Black n Peach.

  • 2014

    2014

    Remporte le prix de la révélation du continent africain des All Africa Music Awards pour son premier album Wiyaala.

  • 2018

    2018

    Publie Sissala Goddess, son deuxième album.

  • 2020

    2020

    Retourne à Funsi et construit un centre d’art.

L'Institut français et l'artiste

Lauréate du programme de résidences de l’Institut français à la Cité internationale des arts, Wiyaala est en résidence à Paris au 3ème trimestre 2021 (juillet – octobre) et a bénéficié du soutien de ZN Productions. 

En savoir + sur les résidences à la Cité internationale des arts

L'institut français, LAB