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TM+ Farida Parveen
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L’ensemble TM+ à la rencontre des chants bangladais

Après leurs premiers concerts « Trans-Portées » en 2019 au Bangladesh, l’ensemble français TM+ la chanteuse bangalaise Farida Parveen devaient réaliser une nouvelle tournée en Inde au mois de mars. En attendant le report de ces concerts, certainement à l’automne, retour sur la collaboration entre l’ensemble de musique contemporaine dirigé par le compositeur Laurent Cuniot et cette icône de la chanson bangladaise, qui ont eu un coup de foudre artistique en 2018.

Mis à jour le 27/04/2020

2 min

TM+ s’en est fait une spécialité. Chaque saison, l’ensemble de musique contemporaine dirigé par le compositeur Laurent Cuniot convie son public à de nouvelles expériences musicales qui jettent des ponts étonnants entre hier et aujourd’hui, entre ici et ailleurs. 

 

C’est dans cet esprit que le compositeur s’est rendu au Bangladesh en 2018 pour rencontrer la chanteuse Farida Parveen. Quelques mois plus tôt, Selvam Thorez, ami de longue date fraîchement nommé à la direction de l’Alliance française de Chittagong, lui avait fait découvrir la chanteuse, et le coup de foudre artistique avait été immédiat.

​​​​​​​Icône de la culture bangladaise

Farida Parveen est une icône de la culture bangladaise. Née au milieu des années 1950, elle se fait remarquer très tôt pour ses interprétations des « Lalon geeti », les poésies chantées de Lalon Shah, figure mystique du XIXe siècle. À la fois fakir, poète et réformateur social, Lalon Shah prônait une société égalitaire, où toutes les religions vivraient en harmonie. Il a composé un vaste répertoire de poèmes chantés, dont Farida Parveen est aujourd’hui le messager privilégié à travers le monde.

 

Laurent Cuniot, pour sa part, a étudié au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et au sein du Groupe de recherche musicale. Nourrie par les avant-gardes du XXe siècle, sa musique interroge la puissance expressive de l’écriture contemporaine au service d’une dramaturgie traversée par l’énergie et les couleurs du son. En 1986, il fonde l’ensemble TM+, dont il prend la direction artistique. L’ensemble est en résidence à la Maison de la musique de Nanterre depuis 1996.

Création de « Trans-portées », en 2019

La rencontre de Laurent Cuniot et Farida Parveen au printemps 2018 a porté ses fruits : après plusieurs mois de travail et d’échange à distance, le compositeur est revenu au Bangladesh en mars 2019, accompagné de quatre musiciens de TM+, pour créer « Trans-Portées » avec Farida Parveen et ses musiciens. La démarche artistique est clairement exposée par Laurent Cuniot : « Les musiques traditionnelles extra-européennes et les musiques de création ont en commun de placer l’auditeur face à des langages musicaux et des imaginaires sonores peu familiers, qui déplacent l’auditeur et l’ouvrent à des sensations nouvelles. Il ne s’agit pas ici de cross-overmais bien de l’exaltation par la confrontation de l’identité́ de chacune des musiques, d’en faire surgir les proximités, ce qui est universel en chacune d’elles tout en assumant leurs spécificités. »

Traditions musicales mêlées

Accueillis par l’Alliance française de Chittagong – coproductrice du projet avec le festival Les Détours de Babel et la Maison de la musique de Nanterre –, les musiciens français et bangladais ont travaillé une semaine ensemble, pour trouver ce point d’équilibre permettant de mêler leurs traditions musicales sans les dénaturer. 

 

Trans-portées tisse la spiritualité des chants de Lalon et les hymnes à l’amour absolu du poète bangladais contemporain Muhammad Manzour. « J’ai bâti la forme de ce Voyage de l’écouteà partir de six chants du répertoire de Farida Parveen que j’introduis par un prélude instrumental », explique Laurent Cuniot. « Celui-ci porte en lui toute la dramaturgie à venir qui rassemble dans le creuset des émotions la spiritualité et la passion amoureuse. Puis les musiques, les voix s’alternent, se confrontent, s’enchaînent en se superposant parfois, se répondent laissant deviner de subtiles correspondances ou assumant des oppositions qui rythment le parcours de l’écoute. »

Du Bangladesh à la France et à l’Inde

Après une première série de concerts au Bangladesh, les musiciens français et bangladais sont venus donner deux concerts en France, à Grenoble au festival Les Détours de Babel en mars 2019, et à la Maison de la musique de Nanterre. Cette tournée a remporté un grand succès, qui a encouragé les artistes à poursuivre leur collaboration. 

 

En 2020, TM+ devait retrouver Farida Parveen et ses musiciens pour trois séries de concerts : en Inde en mars, puis en France, notamment à l’Abbaye de Noirlac en juillet et en Belgique. « Proposer le projet en Inde représente un enjeu important, explique Laurent Cuniot,car bien qu’étant très proches géographiquement, l’Inde et le Bangladesh ont des traditions culturelles et musicales sensiblement différentes. L’échange est donc fondamental. » La tournée indienne, annulée en raison de la crise sanitaire liée au Coronavirus Covid-19, devrait être reportée à l’automne.

L’ensemble TM+ à la rencontre des chants bangladais
L'Institut français et l'artiste

Dans le contexte de la pandémie du Coronavirus Covid-19, l’Institut français souhaite continuer à vous proposer des portraits, rencontres avec des créateurs de toutes origines, œuvres, portfolios. Nous espérons que ces pages vous apporteront une respiration dans un quotidien confiné.

 

 

L’Institut français accompagne régulièrement TM+ dans ses projets internationaux. Ainsi en 2019, l’ensemble a reçu le soutien de l’Institut français pour sa résidence au festival Hear Now de Los Angeles.

 

Pour sa tournée en Inde en 2020, TM+ bénéficie du soutien de l’Institut français dans le cadre du programme IFcoopération.

 

Le programme IFcoopération accompagne des structures et des artistes français pour des projets menés conjointement avec des structures et des artistes étrangers. Il peut s’agir de créations communes ou d’actions de transmission (de répertoires, de techniques).

L'institut français, LAB