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La Cité du vin, à Bordeaux, où se déroule le week-end en Roumanie, du 15 au 17 février 2019

La Roumanie invitée de la Cité du vin

La Cité du vin à Bordeaux organise, du 15 au 17 février 2019, un week-end entièrement dédié au vignoble roumain et à ses multiples saveurs. L’occasion de découvrir un savoir-faire qui imprègne la culture locale depuis l’Antiquité.

Mis à jour le 15/02/2019

5 min

À la fois musée, espace de découverte sensorielle et lieu de rendez-vous, la Cité du vin propose de valoriser le vin en tant que patrimoine culturel vivant. Dans ce sens, elle organise des week-ends thématiques et terroirs, au rythme de quatre sessions par an, afin de mettre en avant des techniques ou des pays dont la viticulture est parfois mal connue. Ces événements permettent de découvrir un peuple et son rapport à la culture du vin. La Saison France-Roumanie, qui se déroule jusqu’en juillet 2019, invite cette année à une balade dans les Carpates, terre viticole oubliée mais qui recèle une histoire riche, ancestrale et pleine de savoureuses pépites.

Tradition antique, renouveau contemporain

En Roumanie, la culture du vin se pratique depuis des millénaires. Les premières vignes existaient déjà dès l’Antiquité, importée par les Grecs sur les terres des Carpates. Le vin produit la « Dacie » romaine possédait même une réputation flatteuse qui survivra pendant plusieurs centaines d’années aux invasions successives des Carpes et des Goths.

L’épidémie de phylloxera de 1884, les deux guerres mondiales et enfin l’installation de la dictature dans les années 1960 donnent un coup d’arrêt à la production : les viticulteurs sont expropriés, le savoir-faire s’amenuise et la qualité est abandonnée au profit de vins produits à la chaîne.

Il faut attendre le début des années 1990 et l’arrivée de spécialistes étrangers attirés par les faibles tarifs du foncier et les spécificités de ce terroir, pour voir le vin roumain renouer avec son histoire provisoirement interrompue. Guy Tyrel de Poix, propriétaire du domaine corse Peraldi, investit notamment dans le vignoble local dès 1994.

Car la terre roumaine reste un lieu particulièrement propice pour l’exploitation de la vigne. Situé sur le fameux 45e parallèle (celui où se cultivent la plupart des grands vins, de Bordeaux à Châteauneuf-du-Pape, en passant par le Valpolicella italien), le pays bénéficie d’un climat suffisamment varié pour produire des arômes différents et structurés, mais aussi pour livrer des volumes conséquents. En 2017, la Roumanie a ainsi généré 4,3 millions d’hectolitres sur une superficie d’environ 200 000 hectares, ce qui en fait le cinquième producteur européen (source Organisation internationale de la vigne et du vin).

Le reflet de l’âme roumaine

Cette spécificité régionale ne suffit pourtant pas à expliquer la relation qui unit la Roumanie à la vigne. Pour comprendre le vin roumain, il faut d’abord évoquer la passion de ce peuple et l’expertise qu’il a développée autour du travail viticole. Dans une région comme le Dealu Mare, à une centaine de kilomètres au nord de Bucarest, aux pieds des Carpates, il n’est pas rare de trouver des habitants qui possèdent quelques pieds de vigne dans leur jardin ou sur un bout de terrain, aussi petit soit-il.

À la maîtrise des techniques d’élaboration du vin s’ajoute le sens de l’accueil des Roumains qui invitent volontiers les visiteurs autour d’un verre. Ce caractère chaleureux, rond, se retrouve dans les principaux cépages autochtones propres à la Roumanie comme le Fetească Neagră (appelé aussi « queue d’hirondelle ») qui produit des vins aux arômes de fruits rouges et aux tanins lisses, ou le Grasă que l’on retrouve dans les liquoreux de Cotnari. On y trouve également les principaux cépages internationaux (Chardonnay, Pinot gris, etc.) auxquels la terre roumaine donne une certaine allégresse.

De quoi faire naître des vins qui commencent à se faire une place sur la scène internationale. Si l’exportation reste encore faible, avec un peu plus de 100 000 hectolitres écoulés essentiellement sur les marchés voisins d’Allemagne, du Royaume-Uni et de Russie, des régions comme la Dobrogée, où l’on produit le renommé Murfatlar « Lacrima lui Ovidiu » (littéralement « larmes d’Ovide » une référence au poète latin qui passa ses dernières années en Dacie) ou le Tarnave, terre des Jidvei, vins blancs réputés et régulièrement primés dans les concours, sont aujourd’hui bien connues des experts mondiaux.

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La Grande Carriole roumaine pour sa première étape à la guinguette EP7 à Paris, avec le chef roumain Ioan Bebeselea.
© Saison France-Roymanie 2019/ Thibaut Chapotot
La Grande Carriole roumaine pour sa première étape à la guinguette EP7 à Paris, avec le chef roumain Ioan Bebeselea.

Un week-end d’excellence gastronomique

En 2019, le premier week-end terroir de la Cité du vin se consacre donc à la Roumanie. Autour des traditionnelles dégustations, conférences et débats, un dispositif original fait son apparition : la Grande Carriole, projet proposé et conçu par les Grandes Tables, réseau de restaurants ancrés dans des lieux culturels de Marseille et Calais. Cette initiative originale, lancée au moment de Marseille Capitale de la Culture 2013, consiste à amener la cuisine dans la rue grâce à une carriole unique, pensée et construite par un grand chef et une équipe de designers. Christophe Dufau et Armand Arnal, tous deux étoilés au Guide Michelin, se sont déjà prêtés au jeu.

La Grande Carriole roumaine aux airs de bric-à-brac soigneusement confectionné d’osier et de bâche blanche accueille Alex Petricean, jeune toque élue « chef roumain de l’année 2018 » par les inspecteurs du Gault & Millau. Avec les outils rustiques de la carriole (plancha, grill) installée face à la Cité du vin, sur l’esplanade de Pontac, celui qu’on surnomme « D’Artagnan » proposera de savoureuses bouchées locales. En résidence dans les deux restaurants du lieu, il confectionnera également, en collaboration avec les chefs Djordje Ercevic (Le 7) et Frédéric Coiffé (Latitude 20), du vendredi au dimanche, des cartes aux accents roumains. La grande carriole roumaine continuera ensuite son chemin sur les routes de France, avec différents chefs aux commandes.

Enfin, l’excellence de cet événement se prolongera dans les verres grâce à Iulia Scavo, double médaillée de bronze (2013 et 2017) aux championnats d’Europe de sommellerie et vainqueur du Master of Port 2017. La sommelière aura la charge de faire découvrir les meilleurs crus de son terroir d’origine aux participants. Une façon de démontrer que, côté vin, la Roumanie constitue aussi une référence en matière de dégustation.

 

L'Institut français et le projet

Ce week-end en Roumanie à la Cité du vin à Bordeaux est organisé dans le cadre de la Saison France-Roumanie 2019. 

 

La Saison France-Roumanie 2019 (novembre 2018-juillet 2019) est mise en œuvre par l’Institut français et, pour la Roumanie, par le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Culture et de l’Identité nationale, l’Institut culturel roumain, avec le soutien des ambassades de France et de Roumanie, des Alliances françaises et des autres ministères impliqués dans les deux pays.

L'institut français, LAB