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Le Benin international Musical
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© Axel Vanlerberghe

Le Benin international Musical à l’affiche du Carnegie Hall

Créé en 2016, le Benin International Musical (BIM) rassemble sept musiciens et vocalistes béninois chargés d’animer un patrimoine artistique influent et pourtant méconnu du grand public. Le 19 octobre au Carnegie Hall, à New York, le collectif joue son répertoire associant rythmes vaudous, chants traditionnels et sonorités plus contemporaines, alliant electro et groove.

Mis à jour le 21/10/2019

2 min

L’histoire du BIM commence par un immense casting écumant les couvents vaudous, les églises évangéliques et les clubs branchés de Cotonou, à la recherche de musiciens et de voix capables de restituer l’essence de la musique béninoise. Une musique à l’histoire aussi riche qu’elle fut ouverte, souvent à son corps défendant, sur le monde – on pense évidemment aux conséquences de l’esclavage et de la colonisation. 

Car la traite négrière aux XVIIe et XVIIIe siècles entraîne la diffusion de la culture et des rites vaudous. De là naîtront les musiques américaines modernes, que ce soit les polyrythmies du Nordeste brésilien, les balancements vaudous de Cuba pour les rites de la Santeria, et bien sûr le blues et le jazz, aux États-Unis, en Louisiane.

À l’origine de ces ramifications, la région du Dahomey – devenu aujourd’hui le Bénin – occupe une place centrale, en raison notamment de l’intense activité négrière de Ouidah. C’est d’ailleurs dans ce port que le BIM a donné, début 2018, son premier concert.

Le collectif a été initié par Hervé Riesen, directeur adjoint des antennes et des contenus de Radio France et président du groupe Eurosonic au sein de l’Union européenne de radiodiffusion, Jérôme Ettinger, producteur-réalisateur, à l’origine du groupe Egyptian Project, et côté béninois, Denis Akobebakou et Aristide Agondanou, fondateur de l'orchestre de fanfare Gangbé Brass Band. Si Arcade Fire, Franz Ferdinand, Talking Heads ou Gorillaz tiennent la musique béninoise pour une référence absolue, elle mérite bien d’être jouée, enregistrée et exportée à destination du public le plus large possible !

 

Mettre en avant une culture vaudou positive

De 2016 à 2018, le groupe se constitue peu à peu autour de chanteurs, rappeurs, guitaristes, percussionnistes et d’un bassiste. Ils s’appellent Risinkpaoun, Batatoundé, Tétanos, Yêwhe Yeton, Nayel Hoxo, Amessiamey, Jimmy Belah. Certains d’entre eux étaient déjà musiciens professionnels, d’autres pratiquaient jusqu’alors la musique en amateur – si tant est que la distinction soit vraiment pertinente dans le domaine. Tous partagent l’envie de mettre en avant une culture vaudou positive, tournée vers la terre et hommes, dans une opposition franche et revendiquée à tout fondamentalisme.

Leur premier album, BIM#1, enregistré à Cotonou, sort en 2018. La transe gospel de « Téoun Téoun », le groove funk de « Destiny » ou l’afrobeat d’« Allons danser »  racontent tous à leur manière un Bénin ouvert sur le monde, où les corps et les voix se dépensent autant en énergie qu’en adresse, pour tous les malades, les prisonniers ou les pays en guerre.

Soutenu par Radio France, l’Institut français du Bénin et TV5 Monde – qui a filmé ses aventures à l’occasion d’un documentaire de 52 minutes (BIM experience) –, le BIM s’est fait une place en radio avant de jouer dans toute la France (Valence, Nantes, Orléans, Toulouse), au Maroc pour le Festival Gnaoua d’Essaouira, en Angleterre pour le Womad Festival et aujourd’hui au Carnegie Hall.

 

Formation artistique

La prestigieuse salle new-yorkaise vient clôturer cette première tournée qui a d’ores et déjà fait tomber quelques frontières de programmation et jeté les bases d’un projet destiné à se développer dans le domaine éducatif.

Le BIM avait fait une première halte new-yorkaise en 2018, à travers de premiers échanges avec le Performing Arts Center. En octobre 2019, le BIM participera à une nouvelle série d’ateliers menés avec les élèves du conservatoire de danse et de musique de Purchase College et également avec des jeunes du Bronx.

C’est dans ce même esprit de transmission que se développe, à Cotonou, le Bim Club, qui accueillera prochainement un studio destiné à des formations en son, en vidéo et en photo. Une Web TV et une Web Radio (BIM TV et Radio BIM) devraient également suivre, avec l’idée de mettre en valeur un riche patrimoine musical et une scène béninoise très active.

L'Institut français et le projet

Le Benin International Musical bénéficie du soutien de l’Institut français dans le cadre de son partenariat avec la Ville de Nantes.

 

L’Institut français s’associe aux collectivités territoriales pour le développement des échanges artistiques internationaux. En savoir + sur les programmes d'aide à projet en partenariat avec les collectivitiés territoriales

 

L'institut français, LAB