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Plan B de la compagnie 111 s’envole pour la Chine

Conçu en 2003 par Aurélien Bory et Phil Soltanoff, l’emblématique spectacle de la Compagnie 111, Plan B est recréé en Chine.

Mis à jour le 24/05/2019

2 min

Avec plus de 385 représentations tout autour de la planète à son actif, Plan B est un grand voyageur. C’est aussi un spectacle qui fait tomber la barrière des langues : l’expression passe ici non par les mots, mais par les corps, les situations et la musique. Des formes de communications universelles qu’Aurélien Bory, fondateur de la Compagnie 111, explore dans la plupart de ses créations en utilisant différents arts de la scène. Théâtre, musique, danse, cirque et arts visuels sont réunis, amalgamés, combinés pour que l’expression surgisse là où on ne l’attend pas, tout comme la scénographie, mouvante, source de pièges et de contraintes.

Un théâtre de corps

Après des études de physique et une première expérience dans le domaine de l’acoustique, Aurélien Bory s’installe à Toulouse en 2000 avec la Compagnie 111. Jusqu’à cette année, la compagnie n’avait pas de lieu attitré. La ville de Toulouse vient de lui accorder la préfiguration d’un lieu de création dans l’ancien Théâtre de la Digue. Une belle opportunité pour enrichir le catalogue des 13 créations déjà réalisées par Aurélien Bory.

 

Des créations pour lesquelles il développe un théâtre de corps dont l’esthétique est influencée par son intérêt pour les sciences et sa passion pour des scénographies élaborées, révélées par exemple par Plus ou moins l’infini (2005), Sans objet (2009) ou Géométrie de caoutchouc (2011). Des spectacles qui cherchent toujours à intégrer le monde contemporain, qu’il soit industriel ou technologique, dans sa vision de l’art.

 

Avec Plan B, Aurélien Bory questionne la notion d’espace, notion centrale dans ses recherches – une réflexion qu’il partage avec Georges Perec mais aussi avec les inventeurs du Bauhaus, Oskar Schlemmer en tête. Lorsqu’on y ajoute la recherche de nouvelles formes et un vif intérêt pour l’art gestuel de Buster Keaton et le théâtre de marionnettes d’Heinrich von Kleist, on comprend mieux la forme des spectacles d’Aurélien Bory. Sa recherche esthétique n’est pas gratuite : les espaces qu’il installe sur scène servent avant tout à imposer aux humains qu’il met en scène des univers dérangeants. Ils deviennent alors porteurs d’un humour touchant et sensible.

Une esthétique en mouvement

Avec Plan B, le choc est immédiat et visuel lorsqu’apparaissent, dans un décor totalement irréaliste, des jeunes cadres dynamiques, raidis dans leurs costumes ajustés et leurs cols de chemise cravatés. Commence alors un parcours semé d’embûches pour ces Circassiens aux prises avec une scénographie changeante. Un sol qui se dresse à 45% et qui évolue, qui tend vers la verticale, se creuse de trappes, se hérisse d’accroches. Tout l’univers semble se liguer pour contrarier la vie de ces personnages qui pourtant continuent d’avancer, se rattrapent dans un équilibre instable, se relèvent et repartent.

 

Plan B rappelle, en une suite ininterrompue de saynètes, le mythe de Sisyphe. Il met en lumière, grâce à une accumulation d’obstacles imposés par la machinerie du décor, l’obstination pour surmonter chaque nouveau problème. Une obstination qui va jusqu’à l’épuisement où l’on reconnaît une sorte de folie sous une impitoyable logique à aller de l’avant quoiqu’il arrive.

 

Aurélien Bory construit ainsi un univers au goût d’absurde et aux situations insensées, qui, pourtant, force à considérer notre réalité comme petite sœur de ce qui se déroule sur le plateau : entre rire et drame, entre déroutes et envolées poétiques, entre stabilités et acrobaties.

 

Recréation chinoise

C’est dans le cadre du festival Croisement(s), qui fête sa 14e édition, que Plan B repart cette année. Tianjin, Pékin et Shenzhen accueillent pour 5 représentations cette version repensée par Aurélien Bory et Phil Soltanoff du 25 mai au 7 juin. Une variation originale qui présentera le même principe de jeu avec une distribution élargie. Six jeunes interprètes français, issus en partie du Centre national des arts du cirque, font partie de cette nouvelle aventure qui inclura et favorisera des échanges avec les jeunes professionnels chinois.

 

En plus de Plan B, le public chinois pourra également découvrir 3D, de la compagnie H.M.G., créée par Jonathan Guichard, élève d’Aurélien Bory et qui présente là son premier spectacle. La pièce est centrée sur un objet, 3D, de taille humaine, entre extension du corps et prothèse pour le jeu du mouvement. Dans un univers musical créé en direct, en interaction avec le jeu et avec les spectateurs, Jonathan Guichard cherche les interactions avec le public. Là encore, l’expression passe par les corps, les mouvements et les sons – en résonance avec Plan B.

L'Institut français et le projet

La tournée de Plan B, d’Aurélien Bory, bénéficie du soutien de l’Institut français.

L'institut français, LAB